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LETTRE AU PRESIDENT SARKOZY

Publié le par Maxwell Bityeki Emmanuel

LETTRE AU PRESIDENT SARKOZY

Washington DC le 10 Août 2008

Excellence Monsieur le Président de la République,

Nous Vous saluons avec tout le respect dû à un grand dignitaire, par la Beauté, la Révérence Chevaleresque, la Sagesse, l’Opulence, la Rectitude, la Loyauté, la Sincérité!

En ces jours où la France vient de célébrer sa Fête Nationale, marquant la libération de votre pays de la monarchie, nous voudrions vous adresser à vous et, à tous vos compatriotes, nos voeux les meilleurs. Le brio avec lequel vous avez mené les négociations de mise en oeuvre de l’Union Pour la Méditerranée (UPM), drainant dans votre beau pays, tout ce que l’Europe et le Bassin Méditerranéen comptent d’hommes politiques influents, vous a permis une fois de plus d’affirmer votre statut de véritable pierre angulaire dans un monde en constante mutation.

En ce début de votre mandat semestriel à la tête de l’Union Européenne, quel bel exemple d’humilité et de bravoure, par lequel vous avez accepté de vous mettre au service du bien commun, en conciliant des contraires jusque-là, inconciliables. De leurs griefs pour certains séculaires, vous aurez réussi à faire naître l’étincelle de l’espoir, l’espoir de l’harmonie dans les différences, l’harmonie dans la conciliation des opposés, au sein de ce foudre qu’est la Méditerranée.

Il y a justement un an, en visite au Sénégal, vous avez prononcé à l’Université de Dakar, un discours qui est rentré dans les annales des relations entre la France et l’Afrique, un discours dans lequel vous proposiez aux jeunes Africains, la mise en place du système « gagnant-gagnant », en vue de l’édification d’un monde nouveau.

Vous leur donniez, aux jeunes Africains, de partager une nouvelle vision, un rêve, celui du co-développement au travers d’une « Eurafrique » qui constituerait le vecteur principal dont l’Afrique a besoin dans le cadre de sa modernisation. Ce vecteur s’accompagnerait d’un certain nombre de concepts qui vous sont chers, entre autres, l’immigration choisie -concertée.

Vous leur conseilliez, ce qui est tout à fait louable, de dépasser les mythes et autres considérations inertielles, pour se tourner résolument vers le futur, vers l’avenir, vers un « joint development » dont ils seraient les premiers acteurs et bénéficiaires. Choses tout à fait essentielles et appréciables de la part d’un dirigeant éclairé et visionnaire.

Excellence Monsieur le Président,

Nous, Francs-Maçons Africains du Continent et de la diaspora Africaine en Amérique du Nord prenons ce jour la plume, pour vous adresser cette planche modeste, en vertu du principe doctrinal maçonnique du « Maçon Libre dans une Loge Libre ».

En 1885, le Congrès de Berlin, consacrait le partage de l’Afrique. Aujourd’hui, c’est à une nouvelle ruée vers l’Afrique et ses ressources que l’on assiste. Ces ressources sont, au-delà des trésors du sol et sous-sol africains qui aiguisent les appétits insatiables des nations industrialisées, les cerveaux. En donnant aux jeunesses africaines la latitude de rêver, en leur présentant un véritable cours de management des histoires et des civilisations, vous – êtes vous seulement posé une question, simpliste à la limite :d’où viennent les Africains et, pour où vont-ils ?

Oui, Excellence,

Quelles sont les motivations réelles des Africains? Ces Africains à qui vous parlez de Renaissance, de mythe, de vision d’un futur partagé et accepté, avez-vous relu leur histoire? Pensez-vous qu’un simple discours, fût-il de la meilleure des proses, leur suffise ? Le fameux « win-win » que vous leur proposez, que masque-t-il au juste ? Il est dit en Afrique: « le pied que le serpent a mordu, a peur à la seule vue d’une ficelle ». Issu de la diaspora juive, vous comprenez mieux que quiconque, ce que cela veut dire. Pensez-vous que l’Afrique ait le droit de répéter les erreurs du passé?

Pendant des siècles, les armes ont contraint les corps, et l’église a contraint les esprits -l’esclavage et la colonisation. Pendant des décennies, les indépendances octroyées aux Africains étaient des coquilles vides de toute substance, parce que « les Africains ne pouvaient se diriger » - le néocolonialisme. À peine ont-ils commencé à intégrer toutes les nouvelles valeurs du monde moderne qui ont été superposées à leurs cultures, que vous leur offrez de manière quasi doctrinale, l’Eurafrique comme alternative à une mondialisation galopante, dont vous ne maîtrisez pas les arcanes, et qui voit l’éclosion irréversible de nations dites émergentes, véritables menaces pour vos industries et vos cultures.

L’histoire, c’est l’histoire, on ne peut la réécrire et, même si elle bégaie, elle ne se répète jamais. Nous aimerions vous poser un certain nombre de questions:

Que ferez-vous des « kleptocrates » installés et maintenus dans la plupart des palais présidentiels africains qui, au fil des ans, pillent pour enrichir vos systèmes financiers et faire tourner vos économies? Qui financent quasiment vos partis politiques et vos campagnes électorales?

Quid de cette « Françafrique » que vous avez jetée par la porte, et qui revient par la fenêtre, vous imposant de manière tantôt subtile, tantôt brutale, son échelle de valeurs, ses critères d’autoréférence et ses réalités?

Excellence Monsieur le Président,

Lorsqu’il est fait une étude analytique des « clandestins », ceux qui prennent le risque d’embarquer dans des radeaux de fortune pour l’aventure en Europe, vous remarquerez très souvent que leur niveau de scolarisation est de manière générale, relativement bas. Vous y trouverez très peu ou, pas du tout de jeunes Africains de niveau académique appréciable (Bac+X). Ceux qui prennent ce risque sont nos frères et soeurs pour qui l’Occident est encore un mirage, une forme de miroir aux alouettes. Bien plus, vous êtes-vous demandé, pourquoi au cours des dix dernières années, le nombre de demandes d’inscriptions ou de bourses dans les universités françaises, de jeunes Africains francophones au sud du Sahara a décru? Parce que votre modèle de développement et votre culture ne les font plus rêver. Ils préfèrent aller sous d’autres cieux (USA, Canada, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon, Inde, etc.) découvrir de nouvelles valeurs et modes culturels, malgré les coûts souvent prohibitifs, la barrière de la langue et, parfois, les distances.

Les jeunes Africains dotés de bagages conséquents, préfèrent se « débrouiller »au terroir, créer des micros entreprises, se faisant financer par des tontines familiales et au besoin, par des réseaux d’entraide. Ce qu’il leur faut, c’est un cadre institutionnel viable et normé, qui leur permette de réaliser leurs rêves, de faire éclore leur potentiel en participant au développement de leurs pays.

Il est grand temps que l’Afrique prenne en main son destin! L’Afrique n’est pas un continent pauvre: c’est un grand mensonge et une grande supercherie, qu’il faut que les Africains démasquent enfin.

Il est grand temps que les jeunes Africains apprennent à se regarder dans le miroir et à s’auto-évaluer sans complaisance.

Il est grand temps que les jeunes Africains de tous âges et de tous niveaux se prennent en charge, en vue de créer leur propre Renaissance et celle de leur continent, au lieu de se condamner à une mort certaine à la poursuite d’un avenir dont votre système a planifié et entretient le pillage.

Oui, Excellence, ceux-là qui embarquent sans espoir d’arrivée et, pis, de retour, vont à la quête dans votre pays, de leur bien-être dont vous les avez dépossédés depuis des générations, et que vous continuez de perpétrer sous leurs yeux. Il a été menti à leurs pères, et ils n’acceptent pas qu’il leur fût menti à eux aussi.

Le rôle difficile qui vous échoit ce jour est celui de jouer au pompier dans une Histoire où tous les autres ont joué aux pyromanes, ce qui somme toute, vous ennoblit. Mais, «l’on ne souffle pas sur la chaleur de la cuillère d’autrui », comme dit en pays Bantou. En d’autres termes, vous maintenez l’Afrique dans ce mythe que vous condamnez, en la reconstruisant ou en lui proposant de se reconstruire selon les besoins de votre cause, et non les besoins de sa cause à elle.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est d’un monde dans lequel ils se reconnaissent comme tels, c’est-à-dire comme partie prenante dans le discours des bâtisseurs du futur de l’Humanité, question de rompre avec l'avilissante rente de la repentance que les aînés ne cessent de réclamer au Blanc.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est de se sentir des «hommes modernes », des métis culturels -à votre instar- éduqués dans des pays modernes, pétris de cartésianisme mais aussi, porteurs d'une âme africaine en symbiose millénaire avec la nature: la tête dans le modernisme, les pieds dans la tradition.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est d’une offre de rupture dans les actes et les faits, c’est le désir d'une nouvelle décolonisation, le passage aux indépendances des années 1960 étant considéré comme un échec.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est de l’établissement d’un partenariat égalitaire avec l'ancienne puissance coloniale, afin de ne plus voir la présence française seulement par le biais de bases militaires ou de grandes multinationales commerciales au sein desquelles des agents de maîtrise expatriés, dirigent des cadres africains.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est que vous compreniez que le comportement de leurs leaders et des élites intellectuelles les attriste et ils se disent que, hier «colonisés parce que colonisables», ils n'en sont pas à l'abri, puisque vous ne leur parlez de l'Afrique, que comme d'un continent moribond ou immature.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est d’aller plus loin dans le soutien aux mouvements de la société civile, qui vont de la presse aux organisations de jeunes et de femmes, c’est de se sentir soutenus dans les efforts d'associations contre la corruption et pour la démocratie politique.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est d’écrire ensemble les pages réelles de l'histoire coloniale, d’écouter la parole de l'autre, d’amener les historiens du Nord et du Sud à trouver les moyens de travailler ensemble.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est de ne pas hésiter à sanctionner les atteintes aux droits de l'homme et, que ne triomphe pas en permanence « la politique du contrat » dictée par les marchés économiques.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est que vous évitiez de vous enfoncer dans le passé de leurs pères, reprenant à l'envi les thèmes et les méfaits de l'esclavage, de la colonisation. Ils ne pensent pas que vous devriez persister à leur tenir des discours sur le passé.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est que vous ne leur rappeliez plus que de toute éternité, ils ont été faibles et dominés. Ils en finissent par se demander, comme dit plus haut, s’ils n’ont pas été colonisés parce que colonisables.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est d’éprouver la sensation, noirs ou maghrébins, du taraud de cette angoisse qui les conduit à se demander si l'histoire du Noir, de l’Africain, se réduit à 400 ans d'oppression.

Ce que l’Afrique, les jeunes Africains veulent éprouver, c’est d’arrêter de ressentir ce passé comme une maladie honteuse dont ils ne veulent plus qu'on leur parle. Ils savent intuitivement, que les choses n'ont pas toujours été aussi simples.

Ce que l’Afrique, les jeunes Africains savent, et veulent vous faire savoir, c’est que « la délivrance des complexes de haine ne sera obtenue que si l'humanité sait renoncer au complexe du bouc émissaire »

Ce que l’Afrique, les jeunes Africains savent, et veulent vous faire savoir, c’est que l’absence de propositions concrètes de votre part, pour jeter les bases d’une nouvelle politique de la France en Afrique est également frappant.

Ce que l’Afrique, les jeunes Africains savent, et veulent vous faire savoir, c’est que vous ne devriez plus continuer de leur tenir de grands discours et d’énoncer de grands projets, à l’instar de l’Eurafrique, avatar subsaharien du projet chimérique d’Union méditerranéenne dont l’idée remonte aux années 1960.

Excellence Monsieur le Président,

Au congrès des Etats-Unis d'Amérique, trônent les portraits de Washington et De Lafayette. Lafayette fut le premier à s’exprimer devant les deux Chambres. Après la victoire de la flotte, qui précéda celle de l'Armée de Terre à Yorktown le 19 octobre 1781, contre les Anglais, à laquelle il participa activement, et qui mettra fin à la guerre et sera déterminante pour l'accession à l'Indépendance des Etats-Unis, il déclara:

"Humanity has won its battle. Liberty now has a country."

Le 17 juin 1782, Lafayette rentre en France en héros avec un peu de la terre Américaine de Bunker Hill que lui avait remis Georges Washington. Sa tombe en sera recouverte à sa mort, le 20 mai 1834.

Ce dont L'Afrique en particulier a besoin de manière quasi vitale, c'est d'une bataille de Liberté, c'est d'une guerre d’Egalité et alors, l'avenir pour un monde meilleur sera une victoire de Fraternité, à l’instar deLafayette.

Ce dont le monde a besoin aujourd’hui de manière générale, Monsieur le Président, ce n'est pas des origines françaises, américaines ou australiennes, ce n’est pas la possession de l’identité juive et encore moins, l’appartenance à une caste influente ou, d'être catholique pratiquant, orthodoxe ou protestant.

« Les cris de douleur des pauvres gens n'impliquent pas forcément qu'ils sont des justes, mais si on les ignore, jamais on ne saura ce qu'est vraiment la justice ».

Aussi longtemps que le Zoulou d'Afrique du Sud pourra esquisser les pas de danses guerrières en temps de paix,

Aussi longtemps que le griot de Yelekela encouragera les laboureurs en chantant les exploits de leurs aïeux,

Aussi longtemps que le Malinké cultivera la terre pour manger à la sueur de son front,

Aussi longtemps que le pygmée de Yokadouma préservera jalousement sa forêt natale,

Aussi longtemps que le Masaï gardera un oeil sur son troupeau afin que survive sa lignée,

L'Afrique restera toujours un continent riche et gardera espoir.

Tout ce que L'Afrique veut gagner Monsieur le Président c'est sa Liberté, est-ce trop vous demander que cette Liberté?

Excellence,

Puisse le Très Haut guider davantage vos pas à la tête de cette grande nation qu’est la France, Mère des Libertés, afin que vous puissiez accomplir votre mission de porteur de lumière.

VIVE LA FRATERNITE! QUE LA BEAUTE NOUS GUIDE!

NOUS AVONS DIT!

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