De la Franc-Maçonnerie du Cameroun à la Franc-Maçonnerie Camerounaise : OMBRES PASSEES D’UN ORDRE DE LUMIERE FUTURE

Publié le par MAXWELL BITYEKI EMMANUEL

De la Franc-Maçonnerie du Cameroun à la Franc-Maçonnerie Camerounaise : OMBRES PASSEES D’UN ORDRE DE LUMIERE FUTURE

1_ Définition de la Franc-Maçonnerie, de sa culture et de ses objectifs

La Franc-Maçonnerie a de tout temps suscité des interrogations, provoqué des jugements hâtifs, sarcastiques, ironiques ou enflammés, malgré une abondante littérature à elle consacrée. Le manque d’information à son sujet dans la population et les médias, ainsi que les vieux préjugés très tenaces vont de pair avec une incompréhension notoire face à cette société initiatique.

Longtemps connue en Afrique Noire comme « la magie des Blancs », principalement des « Grands Blancs », avec ses rituels mystérieux, ses réunions secrètes, la Franc-Maçonnerie a pu facilement être la cible de critiques, voire devenir le bouc émissaire idéal en cas de difficultés sociales, professionnelles ou familiales, dans un environnement où le christianisme s’implantait face aux valeurs traditionnelles.

La Franc-Maçonnerie dispense une initiation par le moyen de rites spécifiques et éprouvés, permettant de faire «mourir» le profane à sa vie ordinaire pour renaître à un mode de vie plus authentique dans une grande fraternité d’initiés. Ceci se matérialise par :

  • d’une part, un engagement plus intense doublé d’un recul plus grand face aux tourbillons et turbulences de la vie quotidienne ;

  • et, d’autre part, une pratique des vertus pour l’amour du Bien sans en attendre une quelconque récompense.

Plus loin, se crée une forme de sagesse qui est aussi acceptation stoïque des difficultés et frustrations de la vie, sans être une démission ou un retrait pour autant.

Pour y tendre, le Maçon pratique une forme d’ascèse et d’apostolat qui, bien qu’apparemment facile par rapport à d’autres formes de spiritualité, nécessite un effort soutenu pour porter ses fruits:

  • assiduité aux tenues et séances d’instruction de sa Loge, avec le but avoué à terme d’une prise de responsabilité dans son fonctionnement ;

  • pratique d’une fraternité active dans la Loge et dans le monde profane ;

  • méditations personnelles et collectives sur les rituels, symboles et mythes maçonniques ;

  • présentation de travaux maçonniques (planches) en Loge, etc...

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Cet effort dans le développement spirituel de l’initié, ne doit pas obérer le travail d’édification par une instruction maçonnique continue qui en est une composante essentielle. Il est admis d’une manière générale, qu’un corpus de connaissances, entre autres, se doit d’être connu, pour une évolution fluente:

  • éléments de l’histoire des religions, en particulier des courants spirituels ou religieux gréco-romains, musulmans, juifs et judéo-chrétiens ;

  • éléments de philosophie ;

  • histoire de la Franc-Maçonnerie universelle et son organisation;

  • connaissance des sociétés initiatiques et de l’ésotérisme en général ;

  • rites et symboles maçonniques ;

  • us et coutumes maçonniques.

Comme on peut le constater, point n’est besoin d’avoir une formation académique pour maîtriser ces connaissances: le temps, la volonté et la pratique suffisent pour le besoin de chacun.

Pour les Africains que nous sommes, à quoi devrait servir la Franc-Maçonnerie? A l’amélioration de l’initié et à son perfectionnement diront certains, mais aussi et surtout, à celui de tous les hommes. C’est en Afrique que le symbole du Temple idéal de l’Humanité, souché sur le Temple de Salomon, devrait revêtir tout son sens. Dès lors, la Franc-Maçonnerie pourrait se définir comme société initiatique fondée sur d’anciens rituels et délivrant une connaissance non discursive par le moyen d’arcanes, que ceux-ci soient réduits à l’écoute d’un dialogue issu d’un catéchisme, à la vision d’une présentation de symboles, ou au vécu théâtral d’une initiation. C’est aussi une société dite de pensée, où, par le moyen de travaux («planches»), de discours et discussions en Loge, on tend à favoriser le développement moral de l’initié. Plusieurs approches de l’étude de la Franc-Maçonnerie sont possibles, donnant chacune une lecture définie de l’une de ses facettes. Nous ne pourrions toutes les évoquer ici, mais simplement en énumérer quelques-unes:

  • l’approche historique «pure et dure» qui permet, par une étude et un examen minutieux et critique de textes, rituels, correspondances, journaux, comptes rendus, de reconstituer l’Histoire de l’Ordre. C’est la voie de certaines Loges de Recherche.

  • l’étude sociologique des Loges, de leurs membres par catégorie de professions, de religions et de provenances, qui permet souvent de définir l’étendue de l’universalisme maçonnique, de sa tolérance à des périodes charnières.

  • l’approche anthropologique, qui constitue un moyen de compréhension

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de l’effet du rite, et de ses résonances chez l’initié. Elle peut se faire en étudiant le contenu de la Maçonnerie pour elle-même ou en la comparant avec d’autres contenus.

- l’étude des relations (historiques, théologiques, philosophiques) existant entre Eglise et Franc-Maçonnerie. Il y a ici une distinction essentielle à faire entre la compréhension individuelle du message chrétien, le discours des Eglises, et tout particulièrement de celui, millénaire, de l’Eglise catholique. L’approche de la vérité maçonnique apparaît par degrés, et procède par dialogues, réflexions, confrontation, recherche, et non par dogmes. À mon avis, la méditation et le ritualisme maçonniques n’ont rien d’une prière. L’attitude du Maçon à bien des égards est plus proche à la fois, de celle d’un rabbin spéculant sur des versets de la Torah ou, d’un Imam discutant sur des sourates du Coran, que de celle d’un mystique chrétien. Mais gardons-nous de confondre anticléricalisme et recherche de la vérité.

2_ Franc-Maçonnerie en Afrique, Franc-Maçonnerie d’Afrique: synthèse de lecture historique

L’apparition de la Franc-Maçonnerie aux colonies d’Afrique en général est liée aux sources du commerce triangulaire. Les Loges, qui font partie des réseaux coloniaux, y sont fréquentées essentiellement par des formes de pérégrins dont les délais de séjour sont brefs et les départs, vivement ressentis. Ceci entraîne une absence de stabilité et de continuité dans les Loges, à même de propager les idées maçonniques. C’est une Franc-Maçonnerie coloniale, une Franc-Maçonnerie d’Afrique, une Franc-Maçonnerie en Afrique, mais pas une Franc-Maçonnerie Africaine.

La raison première en est sa composition sociologique, faite des bénéficiaires du système que sont les propriétaires des plantations, les représentants des compagnies coloniales, les négociants, les militaires et les fonctionnaires coloniaux. Dans tous les cas de figure, nous avons affaire à une Franc-Maçonnerie élitiste, culturellement de langue française. Elle a toujours conforté et accompagné les mouvements économiques et politiques, par un processus qui lui a de tout temps été propre : permettre la pénétration des idées du colonisateur.

La raison deuxième vient son organisation, qui fait d’elle une Franc-Maçonnerie aux ordres, allant de pair avec l’expansion coloniale. Ordres par rapport à la métropole, ordres par rapport à une culture de la féodalité ou de la vassalisation, qui prévaut dans les Loges. Cette Franc-Maçonnerie est représentative, au Cameroun comme partout ailleurs en Afrique, de l’européocentrisme influent dans l’Empire Colonial et qui se prolonge dans la politique mise en place. Face à l’anticléricalisme ambiant de l’époque, ceci génère une tentative de laïcisation à outrance de la société, la colonisation étant prise comme une création d’humanité, dont le colonisateur doit en toute légitimité, recueillir les fruits.

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Ici se sont longtemps opposées deux tendances : l’assimilation ou l’association ?

L’assimilation des colonisés, défendue par certains Francs-Maçons coloniaux, est basée sur le sentiment très européen, de la supériorité de leur civilisation, d’où leur désir très prononcé de faire profiter de leur progrès les autres peuples, en les amenant au même stade de développement qu’eux. Cette démarche linéaire vers le progrès, simpliste et riche de contradictions, se heurte à son côté incommode. L’association, défendue par d’autres, stipule qu’il est du droit du plus fort, d’aider le plus faible, par une politique d’éducation des races, de promotion des élites indigènes qui, même en cas d’indépendance, assurerait le maintien des liens de la gratitude et de l’intérêt. La « quadrature du cercle » est résolue, au travers d’une politique ambiguë de « large association appliquée aux indigènes en vue de leur assimilation progressive et complète ». Vaste programme !

Pour les Francs-Maçons français en particulier, coloniser, c’est éduquer les populations indigènes, ce qui permet d’expliquer et faire accepter le droit qu’ils s’arrogèrent, de « coloniser les peuples arrivés tard à la civilisation ». Ainsi, pour le Frère Jules FERRY, « les Européens ont le devoir de civiliser les races inférieures ». Le Frère Savorgnan de BRAZZA ajoute : « Partout où flotte ce pavillon (le drapeau Français), les esclaves retrouvent leur liberté ». Beaucoup de Francs-Maçons Français d’Afrique, pensent en réalité que c’est par l’intérêt, la raison et le cœur qu’il faudra faire naître une humanité nouvelle, de pensée française, basée sur la justice. Seul ce devoir d’éducation peut expliquer et faire accepter le droit dont se prévalent les nations occidentales, de coloniser les peuples arrivés tard à la civilisation. Certains vont plus loin, en pensant qu’il faudrait autant de Franc-Maçonneries d’Afrique qu’il y a de citoyennetés et de civilisations différentes.

La première Loge au Cameroun en particulier, « Les Pionniers du Cameroun 525 », est fondée en 1924, par des Frères Français de la Grande Loge de France. Elle s’éteint peu après, refusée par l’Obédience par manque d’effectifs. Ensuite naît en 1933 « La Lumière du Cameroun », du Grand Orient de France, qui tiendra jusqu’aux indépendances. L’on ne trouve de trace ni de Loge Allemande, et encore moins de Loge Anglaise. Le Cameroun n’étant pas une colonie de peuplement mais un protectorat d’exploitation, la Loge y est tout aussi un asile de fraternité et allant, un poste avancé de la Raison et de la République.

Aux indépendances, avec la stratégie de création des Obédiences nationales, se pose le problème de l’absence totale d’indigènes sur les colonnes. D’une fusion entre les Loges du Grand Orient de France et de la Grande Loge de France, au sein d’une Loge aux fondements hybrides, « Fraternité Universelle » naîtront plus tard les Grands Orient et Loge Unis du Cameroun (GOLUC). Le premier « indigène » y est initié en 1962. À ce jour, cette situation équivoque continue de plomber l’efficacité de cette Obédience, qui ne parvient à affirmer son indépendance vis-à-vis d’aucune des Obédiences de l’ancienne métropole, malgré les incessantes révisions constitutionnelles et

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réglementaires, les divers protocoles et autres ententes et même, un changement récent de dénomination, en Grande Loge Unie du Cameroun (GLUC).

Plusieurs autres sensibilités maçonniques existent tout autant au Cameroun, que ce soit la Fédération Internationale du Droit Humain, Memphis Misraïm, la Grande Loge Féminine de France, la Grande Loge Nationale du Cameroun, qui ne parviennent toujours pas à implanter l’esprit maçonnique dans ce pays triangulaire. Le Cameroun compte à ce jour, moins de 300 Maçons réguliers, toutes sensibilités confondues. Volonté des hommes qui la composent ou, inefficience de sa doctrine ?

Les causes de cette léthargie sont multiples, et nous en donnerons quelques-unes.

D’abord, les modes de sélection au sein de la Franc-Maçonnerie du Cameroun, qui en sont l’une des causes majeures. Ces sélections sont de divers ordres :

  • Sélection par les corps de métier et le corporatisme (profession, religion, clubs services, etc.), ce qui implique la présence de beaucoup de Francs-Maçons appartenant à des professions libérales comme les avocats, médecins, notaires ;

  • Sélection par les liens de sang ou de tribu, ce qui fait que dans une zone comme Douala, la plupart des Francs-Maçons ont entre eux des liens de parenté à divers niveaux (cousins, gendres, beaux-frères et même frères) ;

  • Sélection au travers d’intérêts affairistes (Directeurs Généraux de sociétés multinationales et nationales, cadres supérieurs de sociétés). Certaine Obédience procède même à des recrutements purement élitistes, en puisant dans le vivier des cercles de décision et de pouvoir ou, en débauchant ces profils dans les Loges existantes.

Toutes choses qui, il faut en convenir, ne sont pas de nature à permettre

  • la Franc-Maçonnerie de s’exprimer dans la société. En un demi-siècle d’existence, la Franc-Maçonnerie du Cameroun n’est pas sortie des deux villes de départ, que sont Douala et Yaoundé. Comment expliquer que des villes de

la taille de Bafoussam, Garoua, Bamenda, Buéa, Limbé ou Maroua, pour ne citer que celles-là, ne comptent aucune Loge Maçonnique ? Pire, elle ne s’est jamais intéressé à l’existence éventuelle de Maçons Camerounais de culture anglophone, qui sont pourtant en quantité appréciable, mais sont obligés de se mettre en sommeil une fois revenus au pays après leurs études en Allemagne, en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis d’Amérique.

Une autre cause, et nous les Francs-Maçons du Cameroun, nous nous devons de le comprendre, est que nous commettons depuis les indépendances une erreur stratégique, en nous imaginant que notre rôle est terminé quand

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nous avons philosophé en Loge. Nous nous refusons à accepter que l’avenir de la Franc-Maçonnerie d’Afrique et du Cameroun tout entier, sera à la fois ce que nous aurions voulu qu’il fût, et ce que nous aurions mérité qu’il fût… C’est cette lâcheté qui nous a toujours mus, que de laisser à d’autres le soin de réaliser nos rêves et nos conceptions, que de laisser s’immiscer dans nos Ateliers, des préjugés de domination et de vassalisation, qui biaisent la nature des rapports entre nous et conduisent à une question fondamentale : « sommes-nous entre Frères ou, entre Frères et sujets ? »

Par ailleurs, la Franc-Maçonnerie au Cameroun est faite de prévaricateurs, qui veulent l’enchaîner en lui reniant ses principes doctrinaux de liberté, de justice et d’équité. Ceux-ci, par calcul, veulerie ou ignorance, ont oublié sa raison d’être, sa catholicité, c’est-à-dire, son universalité. Ils l’ont fait descendre dans l’arène des partis, du pouvoir et de la politique, lui faisant manquer à sa mission salvatrice dans la sphère de l’Autorité et de la Sagesse. En la ravalant au rôle de courtisane dans la chapelle clandestine de leurs intérêts privés, ils l’ont occupée à construire des façades derrière lesquelles il ne se passe rien, des façades destinées à dissimuler aux yeux des ignorants, leur condition profane d’adeptes. Ils ont oublié que les puissants d’un jour, géants aux pieds d’argile, lorsqu’ils s’écrouleraient, l’écraseraient elle et ses outils, dévoyés à une besogne servile, rémunérée et utilitaire.

Il convient donc de remarquer que la Franc-Maçonnerie au Cameroun est responsable elle-même des échecs et des attaques auxquelles elle est en butte. Son passé comporte de multiples erreurs, que le présent semble consolider : elle paye ses fautes accumulées. Mais couchée sous la pierre du sépulcre, elle doit renaître plus grande et plus forte, en revenant à sa tradition originelle et véritable, en forçant le respect de ses pires adversaires. Ceci est une œuvre de refondation, au cours de laquelle elle doit descendre dans l’arène et se faire gladiateur de sa propre cause par les gestes précis de la lutte, afin d’arborer les attitudes élégantes de la victoire.

3_ De la Refondation d’une Franc-Maçonnerie Camerounaise

L’une des plus hautes vérités de la Maçonnerie est que le Maçon est un « Homme Libre et de Bonnes Mœurs ». La liberté est une puissance, et les mœurs en sont une attitude, un réflexe. Le Maçon du Cameroun doit conquérir sa liberté par l’ascèse, en poliçant ses instincts, en canalisant ses passions, en jugulant l’erreur en vue de réaliser le bien dans la vertu. La liberté étant aussi la réglementation de l’incidence de ses instincts et de ses besoins, il doit s’efforcer de ne pas être cet individu devant lequel s’incline tout le monde, cet arriviste sans scrupule, sûr de lui et de son prestige, cet esclave qui se plie au souffle de l’appétition matérielle, de ses désirs, sans autre règle de vie que le succès. Les mœurs du Maçon du Cameroun doivent rendre la vie belle, noble et humaine, car dans leur essence radicale, elles sont le rayonnement de l’esprit, de l’intelligence et de l’âme. Les Maçons du Cameroun doivent être des Maîtres dans l’Art Royal, car la liberté ne se donne pas aux sujets, leurs attitudes, dissonantes dans leurs égos, pouvant la transformer en ténèbres,

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assombrissant ainsi une pureté qui devrait se révéler au sein de l’harmonie consécutive à la sérénité des rapports humains.

La liberté doit consister pour le Maçon du Cameroun, à briser la chrysalide intellectuelle des préjugés et des erreurs dont l’inconscient collectif est en général prisonnier, et qui entrave son essor vers l’étoile de la vérité. Ceci commence par une liberté négative, générée par une purification qui résorbe les entraves spirituelles et passionnelles propres aux esclaves, pour s’achever par une liberté positive, qui est celle de sa réalisation. En fait, le Maçon du Cameroun doit accepter de mourir, en assimilant de manière judicieuse, l’utilisation rationnelle de l’enseignement maçonnique traditionnel. Il doit accepter le supplice de la Croix, qui présente deux visages, le premier (le supplice sans concession de l’ego du Feu prométhéen ) étant la porte qui mène au deuxième (la résurrection dans la conscience de l’Unité). Cette mort provoque un choc, qui consiste à défaire le vieil homme en lui de son manteau « humanimal » et à le doter d’une armure mystico-symbolique, car un homme libre sans armes, est un homme libre mort. C’est cette cuirasse de liberté qui le rend invulnérable de courage face à sa souffrance, et lui donne la volonté de tailler dans le vif des branches inutiles et des bourgeons bâtards et purulents, afin que la douleur et la paresse ne l’emportent point sur l’effort et l’ardeur.

« Corruptio optimi pessima », la corruption du meilleur est la pire de toutes. Le Maçon du Cameroun doit en faire sa maxime de vie, le « back bone » de son existence, en déracinant en lui l’égoïsme et tous les vices dont il est le support, en cultivant et en élargissant sans cesse l’amour et les vertus capables de fleurir sur cet Acacia sacré qu’il représente. À cet effet, il devra être un homme de cœur, un homme au grand cœur, tendant la main de l’amitié au faible, prodiguant son amour à celui frappé par l’injustice ou l’infortune, relevant le blessé sur le champ de bataille de la vie, soutenant celui qui est sur le point de tomber. Il ne sera capable de tout ceci qu’en se mettant à l’école de la science maçonnique, qui est l’esprit formateur des sciences, la Gnose, au sens propre du terme. C’est cette science qui lui permettra de faire de son entendement, de son intelligence et de sa raison, un outil de précision qui l’aidera à atteindre la grande cause, à pénétrer le secret du Grand Œuvre.

Le Maçon du Cameroun doit ainsi apprendre les arcanes de la science maçonnique, qui consistent à :

  • écouter, observer, comparer et filtrer, dans le silence et la méditation, ce qui lui permettra de repousser les idées toutes faites, les notions sans support, les opinions faciles répétées par les détenteurs de nos tribunes politiques, pour tromper le peuple. Il pourra ainsi éviter la précipitation dans le jugement et, sur le jugement sain, apprendre à raisonner ;

  • passer du connu phénoménal à l’inconnu causal soit par l’analogie, clef maîtresse de la Gnose ou science ésotérique, soit encore par l’induction ou la déduction, et acquérir ainsi des certitudes, dont le primaire est exclu.

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L’ascèse, au travers de la véritable science maçonnique, permettra au Maçon du Cameroun, d’asseoir une vision directe des hommes et des choses, contrairement à la science exotérique qu’il a toujours entretenu, de discriminer l’apparence de la réalité, saisissant ainsi l’opportunité d’établir le juste rapport existentiel entre les deux, lequel rapport à mon humble avis est une lumière, la Lumière. Cette Lumière est une puissance dynamique et statique à la fois, dynamique par l’unité qu’elle lui permet d’infuser dans la société, statique par sa résistance à la dispersion. Elle fait du Maçon le sceau de la société, et le rend immortel.

C’est dans cette optique que des Maçons du Cameroun et de la diaspora nord américaine, avec l’assistance de certaines notabilités de l’Ordre qui ont bien voulu leur apporter leurs Lumières, ont adressé aux Présidents Paul BIYA et Nicolas SARKOZY, des correspondances dans lesquelles ils leur présentaient leurs préoccupations mais surtout, leurs espoirs en des lendemains meilleurs. Copies de ces planches seront publiées dans un avenir très proche, pour rappeler aux Frères du Cameroun que de même qu’un manœuvre ne devient pas un ouvrier compétent par sa seule présence sur un chantier, de même il ne suffit pas d’avoir été reçu Apprenti, Compagnon ou Maître, pour être un vrai Maçon.

Si les Maçons du Cameroun veulent illuminer les masses en leur faisant comprendre la justice et l’équité, en les confirmant dans la liberté par la vraie fraternité, ils doivent se faire Apôtres de la Queste du vrai Graal. Ils doivent être des hommes d’action revêtus d’une mission sacrée, pour laquelle ils sont prêts à tout sacrifier : leurs commodités personnelles, leur temps et leur vie s’il le faut. Ils doivent faire leurs, les trois vertus théologales que sont la foi, l’espérance et la charité maçonniques. L’apostolat maçonnique ici ne consiste pas ici à multiplier les actions d’éclat, et encore moins à échafauder des plans constitutionnels transcendants et inédits. Il consiste à agir avec l’opiniâtreté de la goutte d’eau dont la chute répétée perfore le granit le plus dur, par les paroles souvent, les écrits quelque fois, mais l’exemple toujours. Ainsi, ils implanteront dans les âmes la notion du vrai, du beau et du bien, dissolvant le brouillard des mortels préjugés, de l’ignorance et de l’erreur, que ce soit parmi les élites, que dans la masse.

Les Maçons du Cameroun, doivent prendre l’engagement sacré de ne plus regarder en arrière, de s’affermir dans une volonté irréductible de poursuivre leur ascèse personnelle pour pouvoir œuvrer, en un jour prochain, dans l’arène des luttes collectives d’où émergera un Cameroun meilleur, régénéré, conscient de ses devoirs et de ses droits, en possession de la vraie Paix par la Glorification du Travail, dans une Patrie sublimée. Nous avons fauté, ne soyons pas lâches, mais ne jetons pas nos outils dans le chantier déserté. Ne renonçons pas à notre tâche, n’abandonnons pas au néant les ébauches mal venues, mais transportons ailleurs les matériaux pour recommencer inlassablement, le travail défectueux. La Maçonnerie n’est pas une entreprise de démolition, et c’est pourquoi nous devons faire revivre, dans sa pureté idéale, la doctrine véritable de la Maçonnerie initiatique, en acceptant q’elle imprime sur nos fronts, le Sceau des citoyens de Lumière.

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Sceau sacramentel, baptême purificateur nous permettant de nous dominer nous –même et de dominer les éléments primordiaux.

Vive la Lumière !

Que la Beauté nous guide !

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emeriang emmanuel 07/05/2015 14:29

je suis aderant dans loge de l a ssociation uniciatique de alpha international en france .je suis au cameroun je m aimerai vous assistee comm e auditeur merci j anttent de vous une reponse favorable....