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LETTRE AU PRESIDENT PAUL BIYA SUR DES SYMBOLES DE LA REPUBLIQUE

Publié le par MAXWELL BITYEKI EMMANUEL

DES SYMBOLES DE LA REPUBLIQUE

                                       

Excellence Monsieur le Président de la République,

Bonjour par tous les Points Sacrés qui vous sont connus et surtout, Bonne et Heureuse année 2013 à vous, à votre famille et à tout votre gouvernement.

Nous avons l’honneur de vous soumettre cette planche qui aurait pu, en temps normal, suivre les canaux diplomatiques afin de vous parvenir. Mais nous sommes dans l’air du temps, dans l’ère du numérique et de la digitalisation des données, au même titre que vous l’avez souvent démontré. Nous nous excusons donc par avance de passer par cette voie quelque peu cavalière, aux dires de certains conservateurs. Mais la situation très préoccupante voire, angoissante concernant certaines valeurs et symboles de la République nous y oblige carrément.

Il y a quelque temps, vous avez parlé de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035, au travers d’une vision exprimée sous la forme d’un Vade-mecum, le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), base des « Grandes Ambitions ». Cette vision, clairement définie et partagée par la majorité des camerounais, commence à se matérialiser au travers de certains projets dits structurants, cheville ouvrière des « Grandes Réalisations ». En homme politique averti, vous avez ainsi énoncé un dessein, défini des rôles, suscité des valeurs et fixé des objectifs stratégiques.

Excellence Monsieur le Président de la République,

En dépit du ralentissement de l’économie mondiale, qui demeure fragile, les économies d’Afrique connaissent une robuste croissance. Il est dit qu’un tiers des pays africains connaîtront une croissance supérieure ou égale à 6 %. La croissance économique se poursuivra à un rythme soutenu en Afrique subsaharienne, où la production globale devrait progresser d’environ 5¼ % en 2013 ! Quel soulagement, Mr le Président ! Quelle aubaine pour nous surtout à l'heure des « Grandes Réalisations » prônées.

La Banque Mondiale nous encourage par ailleurs à dépenser judicieusement les recettes de nos nouvelles ressources pétrolières, gazières et minières…

En suivant vos discours de fin d'année et, à la jeunesse du Cameroun le 10 février dernier, une question me revient en pensée, au vu de la force et de la conviction que vous mettez dans vos propos et vos idées : quid de nos symboles nationaux ? Quid de notre histoire, la vraie ?

En d’autres termes, un pays peut-il réaliser sa vision, si sa culture des symboles nationaux lui fait défaut ?

Les valeurs et les objectifs stratégiques peuvent-ils être respectés si les symboles fondamentaux issus de l’histoire sont tronqués et abandonnés, au même titre que ladite histoire ?

Apres avoir planché et matérialisé un certain nombre de choses de par le monde, appris dans de multiples loges et rites maçonniques le maniement des outils symboliques sans vacarme, en nous efforçant de maitriser au mieux les écarts de nos Compas, nous estimons que le moment est venu où nous devrions faire de même pour l'Afrique en général et notre pays le Cameroun, en particulier.

Savorgnan de Brazza n'était pas l’ancêtre des congolais, pourtant Brazzaville existe, avec un mausolée à lui dédié.

Cecil Rhodes ne l’était pas non plus pour les rhodésiens, pourtant la Rhodésie a existé.

Nelson Mandela est aujourd'hui un symbole pour les Sud-Africains et pour toute l'Afrique, voire pour le monde. Un « Mandela Square » existe dans son pays.

Le Docteur Ambedkar, le « Dalit », était considéré comme un intouchable pour ceux qui connaissent très bien l'histoire de l'Inde. Pourtant avec l'aide de Nehru, il rédigea la Constitution de l'Inde, ce qui fit de lui un symbole.

Regardez les jardins du Mont des Arts de Bruxelles avec ses symboles sans équivoque…

Paris la Belle, avec tous ces symboles qui non seulement vous donnent une tradition orale de ce grand pays mais en outre, vous rappellent l'œuvre des grands hommes qui ont bâti ce pays et dont les générations du passé, du présent et du futur en sont fières.

La 16th Street à Washington DC jusqu'à la maison blanche, est tout un symbole qui vous rappelle le socle sur lequel ce grand pays s’est bâti …

Excellence Monsieur le Président de la République,

Un pays n'est rien sans des symboles qui lui sont propres. Un symbole national est une histoire racontée de manière orale à des générations futures. Parlant d'histoire par exemple, l'une des caractéristiques historiques de l'indépendance américaine est qu'elle a été l'œuvre exclusive de Francs-Maçons. Qu'il s'agisse de la fameuse « Boston Tea Party », organisée par la Loge "Saint-André" de Boston, des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance, réunis autour de Jefferson, Francs-Maçons pour la plupart ; ou encore des cabinets civils ou militaires qui ont assisté George Washington tout au long de cette période, ou enfin tous les épisodes de cette lutte des « Insurgents », sont marqués au coin de l'influence de l'Ordre Maçonnique. Encore des symboles, Mr. le Président.

C’est cette histoire et ces symboles qui sont enseignés aux jeunes américains depuis le berceau, pour leur inculquer le respect de leurs valeurs, de leur culture et de leur drapeau. Loin de nous l’idée de faire du Cameroun un pays Maçon, mais nos propositions vont dans le sens de la préservation et de la pérennisation des symboles forts du pays.

Parlant de notre drapeau national, quelles sont ses mensurations exactes ? Le tissu de confection ? Son utilisation ? Quelles sont les proportions du Pentagramme jaune en son centre par rapport à la bannière ? Le contenu de ce symbole fort est –il expliqué aux camerounais ? Pourquoi ne flotte–t–il pas au-dessus des grands édifices nationaux, qu’ils soient publics ou privés ? Des grues de bâtiments en construction ? Pourquoi n’est-il pas fixé sur les terrasses, vérandas et devantures des résidences privées ? La réponse en est simple : il n’est pas enseigné aux camerounais la symbolique du respect et de la vénération de l’étendard national. Ce qui est dommage…

Faisons un pas dans l'histoire des hommes et de la République. Serait-ce trop demander par exemple, que de renommer le nouveau pont sur le Wouri, le « Pont DUALA MANGA BELL » ?, car renfermant à lui seul tout un grand symbole, celui du peuple Duala, pour ne pas dire, Sawa et de l’histoire du Cameroun tout simplement Ou encore le port en eau profonde de Kribi, le « Port Martin Paul Samba » ? L’axe lourd Douala-Yaoundé(ou la future autoroute), l'« Autoroute Um Nyobe » en mémoire de ces grands patriotes ? Pourquoi l’Aéroport International de Yaoundé Nsimalen, ne deviendrait-il pas l’Aéroport International Charles Atangana ? Ce sont les symboles qui font la puissance d'un peuple, d'un pays.

Au Cameroun, les symboles nationaux sont voués à l’oubli, à la destruction, comme si cela était une stratégie manifeste pour faire oublier aux camerounais leurs origines et leur passé. Tout ce qui rappelle l’histoire en termes de symboles est totalement détruit. Pour exemples, le viaduc qui reliait le quartier Akwa et le Plateau Joss à Douala, a été détruit. La vallée du Mfoundi, avec l’ancienne gare ferroviaire, de même que la vallée de la Besseke à Douala, symboles de notre histoire du rail, ont toutes disparu. La poste allemande de Bonanjo à Douala est en train de tomber en ruines, abandonnée à des squatters… Il n’existe aucun mausolée qui puisse être présenté à des touristes comme vestige de notre histoire. Tout est en train d’être rasé, emporté vers l’oubli par une bourrasque ou, laissé à l’abandon tout simplement.

Plus loin, toujours sur le plan symbolique, il est remarqué que notre Hymne National a 02 versions différentes, parce que n’étant pas la traduction l’une de l’autre. Comprenez donc dès lors l’attitude perplexe qui saisit le camerounais bilingue, qui voudrait l’exécuter en les 02 langues nationales, le français et l’anglais. Pourquoi ne pas procéder à une nouvelle traduction de l’Hymne National, en harmonisant les versions ?

Le petit Américain de l'Ohio, encore moins le Français moyen du fin fond d'Albi, le Sud-Africain de Emfuleni, pas même le Camerounais de Kolofata ou encore celui du berceau de notre hymne national qu’est Foulassi, ne devraient avoir besoin de demander l'histoire de leur pays. Les symboles, oui Mr. le Président, seuls les symboles parleraient d'eux-mêmes, la cité des arts qu’est Foumban en est un exemple encourageant.

Excellence Mr le Président,

Que racontent nos manuels d’éducation ? Des histoires fausses, des clichés venus d’ailleurs qui n’ont rien à voir avec l’histoire et les symboles de notre pays.

Pourquoi Charles Atangana, Martin Paul Samba, Rudolf Duala Manga Bell, Arouna Njoya, Um Nyobe, Ernest Ouandie, Félix Moumie sans oublier Samuel Minkyo Bamba, René Jam Afane et d’autres, devraient-ils être voués à l’oubli, au profit de l’histoire de France et de ses symboles ? Ne sont-ils pas nos symboles à nous, qui mériteraient une place dans l’histoire de nos peuples et de la République?

Laissons parler nos symboles, Excellence Mr le Président.

Nous, Francs – Maçons, en dehors du Temple ou de la Loge, sommes des hommes comme les autres mais, différents.

Qu’est-ce qui nous différencie ?

Nous sommes des acteurs de la société, de l’économie, nous sommes des citoyens, nous participons à la vie de la cité, par nos devoirs civiques, et autres... Mais surtout dans toutes ces activités, nous utilisons un Code Moral, au travers duquel nous nous devons d'appliquer – même difficilement- les valeurs acquises au Temple. Le Code Maçonnique est notre « Bible », notre référentiel !

Nous osons croire que la refondation du Service Civique National de Participation au Développement, sera la pierre angulaire de la reprise de conscience par rapport à l’abandon de nos valeurs, qui doivent être inculquées à des enfants, à nos enfants et à tous ces jeunes camerounais dont les yeux sont encore pleins de rêves et d’imagination créatrice. Il conviendrait de leur recréer des modèles à suivre, et des référentiels de valeurs qui leur serviront de boussole dans la vie. L’Hymne National, le Drapeau, la Devise Nationale, la Fierté Nationale, le Sens Profond du Patriotisme, doivent être vénérés comme des symboles essentiels d’appartenance à un même peuple, à un même territoire, à une même histoire, la vraie…

Il est question d’inscrire les enfants dans le progrès, qui est bénéfique à l’ensemble des concitoyens. Nous nous devons de maintenir leur esprit critique et affûter leur argumentaire, comme nous l’avons appris en réalisant une planche là-bas en Loge, par le travail sur la thèse et l’antithèse, dont l’analyse permet de converger vers une synthèse. Dans nos efforts verbaux, de même, nous devons nous montrer « mesurés » et nous appliquer à être entendus et, compris!

Comme à l’accoutumée, nous vous demandons, Excellence Monsieur le Président, d’aller de l’avant dans vos diverses reformes, car vous n’êtes plus le Président du RDPC, mais le Président des Camerounais. La loi de Gresham ne dit-elle pas que : « La mauvaise monnaie chasse la bonne »?

Tant que la paix règnera dans notre beau et cher pays le Cameroun.

Tant que l’amour règnera parmi les Camerounais et Camerounaises.

Alors seulement, la joie sera dans nos cœurs.

Dieu vous protège !!!

Excellence Monsieur le Président, Que la joie soit dans nos cœurs !

J’ai dit.

Maxwell Bityeki Emmanuel

Haut dignitaire Franc-maçon.

REAA et Rite D’York.

 

   

DES SYMBOLES DE LA REPUBLIQUE

                                       

Excellence Monsieur le Président de la République,

Bonjour par tous les Points Sacrés qui vous sont connus et surtout, Bonne et Heureuse année 2013 à vous, à votre famille et à tout votre gouvernement.

Nous avons l’honneur de vous soumettre cette planche qui aurait pu, en temps normal, suivre les canaux diplomatiques afin de vous parvenir. Mais nous sommes dans l’air du temps, dans l’ère du numérique et de la digitalisation des données, au même titre que vous l’avez souvent démontré. Nous nous excusons donc par avance de passer par cette voie quelque peu cavalière, aux dires de certains conservateurs. Mais la situation très préoccupante voire, angoissante concernant certaines valeurs et symboles de la République nous y oblige carrément.

Il y a quelque temps, vous avez parlé de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035, au travers d’une vision exprimée sous la forme d’un Vade-mecum, le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), base des « Grandes Ambitions ». Cette vision, clairement définie et partagée par la majorité des camerounais, commence à se matérialiser au travers de certains projets dits structurants, cheville ouvrière des « Grandes Réalisations ». En homme politique averti, vous avez ainsi énoncé un dessein, défini des rôles, suscité des valeurs et fixé des objectifs stratégiques.

Excellence Monsieur le Président de la République,

En dépit du ralentissement de l’économie mondiale, qui demeure fragile, les économies d’Afrique connaissent une robuste croissance. Il est dit qu’un tiers des pays africains connaîtront une croissance supérieure ou égale à 6 %. La croissance économique se poursuivra à un rythme soutenu en Afrique subsaharienne, où la production globale devrait progresser d’environ 5¼ % en 2013 ! Quel soulagement, Mr le Président ! Quelle aubaine pour nous surtout à l'heure des « Grandes Réalisations » prônées.

La Banque Mondiale nous encourage par ailleurs à dépenser judicieusement les recettes de nos nouvelles ressources pétrolières, gazières et minières…

En suivant vos discours de fin d'année et, à la jeunesse du Cameroun le 10 février dernier, une question me revient en pensée, au vu de la force et de la conviction que vous mettez dans vos propos et vos idées : quid de nos symboles nationaux ? Quid de notre histoire, la vraie ?

En d’autres termes, un pays peut-il réaliser sa vision, si sa culture des symboles nationaux lui fait défaut ?

Les valeurs et les objectifs stratégiques peuvent-ils être respectés si les symboles fondamentaux issus de l’histoire sont tronqués et abandonnés, au même titre que ladite histoire ?

Apres avoir planché et matérialisé un certain nombre de choses de par le monde, appris dans de multiples loges et rites maçonniques le maniement des outils symboliques sans vacarme, en nous efforçant de maitriser au mieux les écarts de nos Compas, nous estimons que le moment est venu où nous devrions faire de même pour l'Afrique en général et notre pays le Cameroun, en particulier.

Savorgnan de Brazza n'était pas l’ancêtre des congolais, pourtant Brazzaville existe, avec un mausolée à lui dédié.

Cecil Rhodes ne l’était pas non plus pour les rhodésiens, pourtant la Rhodésie a existé.

Nelson Mandela est aujourd'hui un symbole pour les Sud-Africains et pour toute l'Afrique, voire pour le monde. Un « Mandela Square » existe dans son pays.

Le Docteur Ambedkar, le « Dalit », était considéré comme un intouchable pour ceux qui connaissent très bien l'histoire de l'Inde. Pourtant avec l'aide de Nehru, il rédigea la Constitution de l'Inde, ce qui fit de lui un symbole.

Regardez les jardins du Mont des Arts de Bruxelles avec ses symboles sans équivoque…

Paris la Belle, avec tous ces symboles qui non seulement vous donnent une tradition orale de ce grand pays mais en outre, vous rappellent l'œuvre des grands hommes qui ont bâti ce pays et dont les générations du passé, du présent et du futur en sont fières.

La 16th Street à Washington DC jusqu'à la maison blanche, est tout un symbole qui vous rappelle le socle sur lequel ce grand pays s’est bâti …

Excellence Monsieur le Président de la République,

Un pays n'est rien sans des symboles qui lui sont propres. Un symbole national est une histoire racontée de manière orale à des générations futures. Parlant d'histoire par exemple, l'une des caractéristiques historiques de l'indépendance américaine est qu'elle a été l'œuvre exclusive de Francs-Maçons. Qu'il s'agisse de la fameuse « Boston Tea Party », organisée par la Loge "Saint-André" de Boston, des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance, réunis autour de Jefferson, Francs-Maçons pour la plupart ; ou encore des cabinets civils ou militaires qui ont assisté George Washington tout au long de cette période, ou enfin tous les épisodes de cette lutte des « Insurgents », sont marqués au coin de l'influence de l'Ordre Maçonnique. Encore des symboles, Mr. le Président.

C’est cette histoire et ces symboles qui sont enseignés aux jeunes américains depuis le berceau, pour leur inculquer le respect de leurs valeurs, de leur culture et de leur drapeau. Loin de nous l’idée de faire du Cameroun un pays Maçon, mais nos propositions vont dans le sens de la préservation et de la pérennisation des symboles forts du pays.

Parlant de notre drapeau national, quelles sont ses mensurations exactes ? Le tissu de confection ? Son utilisation ? Quelles sont les proportions du Pentagramme jaune en son centre par rapport à la bannière ? Le contenu de ce symbole fort est –il expliqué aux camerounais ? Pourquoi ne flotte–t–il pas au-dessus des grands édifices nationaux, qu’ils soient publics ou privés ? Des grues de bâtiments en construction ? Pourquoi n’est-il pas fixé sur les terrasses, vérandas et devantures des résidences privées ? La réponse en est simple : il n’est pas enseigné aux camerounais la symbolique du respect et de la vénération de l’étendard national. Ce qui est dommage…

Faisons un pas dans l'histoire des hommes et de la République. Serait-ce trop demander par exemple, que de renommer le nouveau pont sur le Wouri, le « Pont DUALA MANGA BELL » ?, car renfermant à lui seul tout un grand symbole, celui du peuple Duala, pour ne pas dire, Sawa et de l’histoire du Cameroun tout simplement Ou encore le port en eau profonde de Kribi, le « Port Martin Paul Samba » ? L’axe lourd Douala-Yaoundé(ou la future autoroute), l'« Autoroute Um Nyobe » en mémoire de ces grands patriotes ? Pourquoi l’Aéroport International de Yaoundé Nsimalen, ne deviendrait-il pas l’Aéroport International Charles Atangana ? Ce sont les symboles qui font la puissance d'un peuple, d'un pays.

Au Cameroun, les symboles nationaux sont voués à l’oubli, à la destruction, comme si cela était une stratégie manifeste pour faire oublier aux camerounais leurs origines et leur passé. Tout ce qui rappelle l’histoire en termes de symboles est totalement détruit. Pour exemples, le viaduc qui reliait le quartier Akwa et le Plateau Joss à Douala, a été détruit. La vallée du Mfoundi, avec l’ancienne gare ferroviaire, de même que la vallée de la Besseke à Douala, symboles de notre histoire du rail, ont toutes disparu. La poste allemande de Bonanjo à Douala est en train de tomber en ruines, abandonnée à des squatters… Il n’existe aucun mausolée qui puisse être présenté à des touristes comme vestige de notre histoire. Tout est en train d’être rasé, emporté vers l’oubli par une bourrasque ou, laissé à l’abandon tout simplement.

Plus loin, toujours sur le plan symbolique, il est remarqué que notre Hymne National a 02 versions différentes, parce que n’étant pas la traduction l’une de l’autre. Comprenez donc dès lors l’attitude perplexe qui saisit le camerounais bilingue, qui voudrait l’exécuter en les 02 langues nationales, le français et l’anglais. Pourquoi ne pas procéder à une nouvelle traduction de l’Hymne National, en harmonisant les versions ?

Le petit Américain de l'Ohio, encore moins le Français moyen du fin fond d'Albi, le Sud-Africain de Emfuleni, pas même le Camerounais de Kolofata ou encore celui du berceau de notre hymne national qu’est Foulassi, ne devraient avoir besoin de demander l'histoire de leur pays. Les symboles, oui Mr. le Président, seuls les symboles parleraient d'eux-mêmes, la cité des arts qu’est Foumban en est un exemple encourageant.

Excellence Mr le Président,

Que racontent nos manuels d’éducation ? Des histoires fausses, des clichés venus d’ailleurs qui n’ont rien à voir avec l’histoire et les symboles de notre pays.

Pourquoi Charles Atangana, Martin Paul Samba, Rudolf Duala Manga Bell, Arouna Njoya, Um Nyobe, Ernest Ouandie, Félix Moumie sans oublier Samuel Minkyo Bamba, René Jam Afane et d’autres, devraient-ils être voués à l’oubli, au profit de l’histoire de France et de ses symboles ? Ne sont-ils pas nos symboles à nous, qui mériteraient une place dans l’histoire de nos peuples et de la République?

Laissons parler nos symboles, Excellence Mr le Président.

Nous, Francs – Maçons, en dehors du Temple ou de la Loge, sommes des hommes comme les autres mais, différents.

Qu’est-ce qui nous différencie ?

Nous sommes des acteurs de la société, de l’économie, nous sommes des citoyens, nous participons à la vie de la cité, par nos devoirs civiques, et autres... Mais surtout dans toutes ces activités, nous utilisons un Code Moral, au travers duquel nous nous devons d'appliquer – même difficilement- les valeurs acquises au Temple. Le Code Maçonnique est notre « Bible », notre référentiel !

Nous osons croire que la refondation du Service Civique National de Participation au Développement, sera la pierre angulaire de la reprise de conscience par rapport à l’abandon de nos valeurs, qui doivent être inculquées à des enfants, à nos enfants et à tous ces jeunes camerounais dont les yeux sont encore pleins de rêves et d’imagination créatrice. Il conviendrait de leur recréer des modèles à suivre, et des référentiels de valeurs qui leur serviront de boussole dans la vie. L’Hymne National, le Drapeau, la Devise Nationale, la Fierté Nationale, le Sens Profond du Patriotisme, doivent être vénérés comme des symboles essentiels d’appartenance à un même peuple, à un même territoire, à une même histoire, la vraie…

Il est question d’inscrire les enfants dans le progrès, qui est bénéfique à l’ensemble des concitoyens. Nous nous devons de maintenir leur esprit critique et affûter leur argumentaire, comme nous l’avons appris en réalisant une planche là-bas en Loge, par le travail sur la thèse et l’antithèse, dont l’analyse permet de converger vers une synthèse. Dans nos efforts verbaux, de même, nous devons nous montrer « mesurés » et nous appliquer à être entendus et, compris!

Comme à l’accoutumée, nous vous demandons, Excellence Monsieur le Président, d’aller de l’avant dans vos diverses reformes, car vous n’êtes plus le Président du RDPC, mais le Président des Camerounais. La loi de Gresham ne dit-elle pas que : « La mauvaise monnaie chasse la bonne »?

Tant que la paix règnera dans notre beau et cher pays le Cameroun.

Tant que l’amour règnera parmi les Camerounais et Camerounaises.

Alors seulement, la joie sera dans nos cœurs.

Dieu vous protège !!!

Excellence Monsieur le Président, Que la joie soit dans nos cœurs !

J’ai dit.

Maxwell Bityeki Emmanuel

Haut dignitaire Franc-maçon.

REAA et Rite D’York.

 

 

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De la Franc-Maçonnerie du Cameroun à la Franc-Maçonnerie Camerounaise : OMBRES PASSEES D’UN ORDRE DE LUMIERE FUTURE

Publié le par MAXWELL BITYEKI EMMANUEL

De la Franc-Maçonnerie du Cameroun à la Franc-Maçonnerie Camerounaise : OMBRES PASSEES D’UN ORDRE DE LUMIERE FUTURE

1_ Définition de la Franc-Maçonnerie, de sa culture et de ses objectifs

La Franc-Maçonnerie a de tout temps suscité des interrogations, provoqué des jugements hâtifs, sarcastiques, ironiques ou enflammés, malgré une abondante littérature à elle consacrée. Le manque d’information à son sujet dans la population et les médias, ainsi que les vieux préjugés très tenaces vont de pair avec une incompréhension notoire face à cette société initiatique.

Longtemps connue en Afrique Noire comme « la magie des Blancs », principalement des « Grands Blancs », avec ses rituels mystérieux, ses réunions secrètes, la Franc-Maçonnerie a pu facilement être la cible de critiques, voire devenir le bouc émissaire idéal en cas de difficultés sociales, professionnelles ou familiales, dans un environnement où le christianisme s’implantait face aux valeurs traditionnelles.

La Franc-Maçonnerie dispense une initiation par le moyen de rites spécifiques et éprouvés, permettant de faire «mourir» le profane à sa vie ordinaire pour renaître à un mode de vie plus authentique dans une grande fraternité d’initiés. Ceci se matérialise par :

  • d’une part, un engagement plus intense doublé d’un recul plus grand face aux tourbillons et turbulences de la vie quotidienne ;

  • et, d’autre part, une pratique des vertus pour l’amour du Bien sans en attendre une quelconque récompense.

Plus loin, se crée une forme de sagesse qui est aussi acceptation stoïque des difficultés et frustrations de la vie, sans être une démission ou un retrait pour autant.

Pour y tendre, le Maçon pratique une forme d’ascèse et d’apostolat qui, bien qu’apparemment facile par rapport à d’autres formes de spiritualité, nécessite un effort soutenu pour porter ses fruits:

  • assiduité aux tenues et séances d’instruction de sa Loge, avec le but avoué à terme d’une prise de responsabilité dans son fonctionnement ;

  • pratique d’une fraternité active dans la Loge et dans le monde profane ;

  • méditations personnelles et collectives sur les rituels, symboles et mythes maçonniques ;

  • présentation de travaux maçonniques (planches) en Loge, etc...

1

Cet effort dans le développement spirituel de l’initié, ne doit pas obérer le travail d’édification par une instruction maçonnique continue qui en est une composante essentielle. Il est admis d’une manière générale, qu’un corpus de connaissances, entre autres, se doit d’être connu, pour une évolution fluente:

  • éléments de l’histoire des religions, en particulier des courants spirituels ou religieux gréco-romains, musulmans, juifs et judéo-chrétiens ;

  • éléments de philosophie ;

  • histoire de la Franc-Maçonnerie universelle et son organisation;

  • connaissance des sociétés initiatiques et de l’ésotérisme en général ;

  • rites et symboles maçonniques ;

  • us et coutumes maçonniques.

Comme on peut le constater, point n’est besoin d’avoir une formation académique pour maîtriser ces connaissances: le temps, la volonté et la pratique suffisent pour le besoin de chacun.

Pour les Africains que nous sommes, à quoi devrait servir la Franc-Maçonnerie? A l’amélioration de l’initié et à son perfectionnement diront certains, mais aussi et surtout, à celui de tous les hommes. C’est en Afrique que le symbole du Temple idéal de l’Humanité, souché sur le Temple de Salomon, devrait revêtir tout son sens. Dès lors, la Franc-Maçonnerie pourrait se définir comme société initiatique fondée sur d’anciens rituels et délivrant une connaissance non discursive par le moyen d’arcanes, que ceux-ci soient réduits à l’écoute d’un dialogue issu d’un catéchisme, à la vision d’une présentation de symboles, ou au vécu théâtral d’une initiation. C’est aussi une société dite de pensée, où, par le moyen de travaux («planches»), de discours et discussions en Loge, on tend à favoriser le développement moral de l’initié. Plusieurs approches de l’étude de la Franc-Maçonnerie sont possibles, donnant chacune une lecture définie de l’une de ses facettes. Nous ne pourrions toutes les évoquer ici, mais simplement en énumérer quelques-unes:

  • l’approche historique «pure et dure» qui permet, par une étude et un examen minutieux et critique de textes, rituels, correspondances, journaux, comptes rendus, de reconstituer l’Histoire de l’Ordre. C’est la voie de certaines Loges de Recherche.

  • l’étude sociologique des Loges, de leurs membres par catégorie de professions, de religions et de provenances, qui permet souvent de définir l’étendue de l’universalisme maçonnique, de sa tolérance à des périodes charnières.

  • l’approche anthropologique, qui constitue un moyen de compréhension

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de l’effet du rite, et de ses résonances chez l’initié. Elle peut se faire en étudiant le contenu de la Maçonnerie pour elle-même ou en la comparant avec d’autres contenus.

- l’étude des relations (historiques, théologiques, philosophiques) existant entre Eglise et Franc-Maçonnerie. Il y a ici une distinction essentielle à faire entre la compréhension individuelle du message chrétien, le discours des Eglises, et tout particulièrement de celui, millénaire, de l’Eglise catholique. L’approche de la vérité maçonnique apparaît par degrés, et procède par dialogues, réflexions, confrontation, recherche, et non par dogmes. À mon avis, la méditation et le ritualisme maçonniques n’ont rien d’une prière. L’attitude du Maçon à bien des égards est plus proche à la fois, de celle d’un rabbin spéculant sur des versets de la Torah ou, d’un Imam discutant sur des sourates du Coran, que de celle d’un mystique chrétien. Mais gardons-nous de confondre anticléricalisme et recherche de la vérité.

2_ Franc-Maçonnerie en Afrique, Franc-Maçonnerie d’Afrique: synthèse de lecture historique

L’apparition de la Franc-Maçonnerie aux colonies d’Afrique en général est liée aux sources du commerce triangulaire. Les Loges, qui font partie des réseaux coloniaux, y sont fréquentées essentiellement par des formes de pérégrins dont les délais de séjour sont brefs et les départs, vivement ressentis. Ceci entraîne une absence de stabilité et de continuité dans les Loges, à même de propager les idées maçonniques. C’est une Franc-Maçonnerie coloniale, une Franc-Maçonnerie d’Afrique, une Franc-Maçonnerie en Afrique, mais pas une Franc-Maçonnerie Africaine.

La raison première en est sa composition sociologique, faite des bénéficiaires du système que sont les propriétaires des plantations, les représentants des compagnies coloniales, les négociants, les militaires et les fonctionnaires coloniaux. Dans tous les cas de figure, nous avons affaire à une Franc-Maçonnerie élitiste, culturellement de langue française. Elle a toujours conforté et accompagné les mouvements économiques et politiques, par un processus qui lui a de tout temps été propre : permettre la pénétration des idées du colonisateur.

La raison deuxième vient son organisation, qui fait d’elle une Franc-Maçonnerie aux ordres, allant de pair avec l’expansion coloniale. Ordres par rapport à la métropole, ordres par rapport à une culture de la féodalité ou de la vassalisation, qui prévaut dans les Loges. Cette Franc-Maçonnerie est représentative, au Cameroun comme partout ailleurs en Afrique, de l’européocentrisme influent dans l’Empire Colonial et qui se prolonge dans la politique mise en place. Face à l’anticléricalisme ambiant de l’époque, ceci génère une tentative de laïcisation à outrance de la société, la colonisation étant prise comme une création d’humanité, dont le colonisateur doit en toute légitimité, recueillir les fruits.

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Ici se sont longtemps opposées deux tendances : l’assimilation ou l’association ?

L’assimilation des colonisés, défendue par certains Francs-Maçons coloniaux, est basée sur le sentiment très européen, de la supériorité de leur civilisation, d’où leur désir très prononcé de faire profiter de leur progrès les autres peuples, en les amenant au même stade de développement qu’eux. Cette démarche linéaire vers le progrès, simpliste et riche de contradictions, se heurte à son côté incommode. L’association, défendue par d’autres, stipule qu’il est du droit du plus fort, d’aider le plus faible, par une politique d’éducation des races, de promotion des élites indigènes qui, même en cas d’indépendance, assurerait le maintien des liens de la gratitude et de l’intérêt. La « quadrature du cercle » est résolue, au travers d’une politique ambiguë de « large association appliquée aux indigènes en vue de leur assimilation progressive et complète ». Vaste programme !

Pour les Francs-Maçons français en particulier, coloniser, c’est éduquer les populations indigènes, ce qui permet d’expliquer et faire accepter le droit qu’ils s’arrogèrent, de « coloniser les peuples arrivés tard à la civilisation ». Ainsi, pour le Frère Jules FERRY, « les Européens ont le devoir de civiliser les races inférieures ». Le Frère Savorgnan de BRAZZA ajoute : « Partout où flotte ce pavillon (le drapeau Français), les esclaves retrouvent leur liberté ». Beaucoup de Francs-Maçons Français d’Afrique, pensent en réalité que c’est par l’intérêt, la raison et le cœur qu’il faudra faire naître une humanité nouvelle, de pensée française, basée sur la justice. Seul ce devoir d’éducation peut expliquer et faire accepter le droit dont se prévalent les nations occidentales, de coloniser les peuples arrivés tard à la civilisation. Certains vont plus loin, en pensant qu’il faudrait autant de Franc-Maçonneries d’Afrique qu’il y a de citoyennetés et de civilisations différentes.

La première Loge au Cameroun en particulier, « Les Pionniers du Cameroun 525 », est fondée en 1924, par des Frères Français de la Grande Loge de France. Elle s’éteint peu après, refusée par l’Obédience par manque d’effectifs. Ensuite naît en 1933 « La Lumière du Cameroun », du Grand Orient de France, qui tiendra jusqu’aux indépendances. L’on ne trouve de trace ni de Loge Allemande, et encore moins de Loge Anglaise. Le Cameroun n’étant pas une colonie de peuplement mais un protectorat d’exploitation, la Loge y est tout aussi un asile de fraternité et allant, un poste avancé de la Raison et de la République.

Aux indépendances, avec la stratégie de création des Obédiences nationales, se pose le problème de l’absence totale d’indigènes sur les colonnes. D’une fusion entre les Loges du Grand Orient de France et de la Grande Loge de France, au sein d’une Loge aux fondements hybrides, « Fraternité Universelle » naîtront plus tard les Grands Orient et Loge Unis du Cameroun (GOLUC). Le premier « indigène » y est initié en 1962. À ce jour, cette situation équivoque continue de plomber l’efficacité de cette Obédience, qui ne parvient à affirmer son indépendance vis-à-vis d’aucune des Obédiences de l’ancienne métropole, malgré les incessantes révisions constitutionnelles et

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réglementaires, les divers protocoles et autres ententes et même, un changement récent de dénomination, en Grande Loge Unie du Cameroun (GLUC).

Plusieurs autres sensibilités maçonniques existent tout autant au Cameroun, que ce soit la Fédération Internationale du Droit Humain, Memphis Misraïm, la Grande Loge Féminine de France, la Grande Loge Nationale du Cameroun, qui ne parviennent toujours pas à implanter l’esprit maçonnique dans ce pays triangulaire. Le Cameroun compte à ce jour, moins de 300 Maçons réguliers, toutes sensibilités confondues. Volonté des hommes qui la composent ou, inefficience de sa doctrine ?

Les causes de cette léthargie sont multiples, et nous en donnerons quelques-unes.

D’abord, les modes de sélection au sein de la Franc-Maçonnerie du Cameroun, qui en sont l’une des causes majeures. Ces sélections sont de divers ordres :

  • Sélection par les corps de métier et le corporatisme (profession, religion, clubs services, etc.), ce qui implique la présence de beaucoup de Francs-Maçons appartenant à des professions libérales comme les avocats, médecins, notaires ;

  • Sélection par les liens de sang ou de tribu, ce qui fait que dans une zone comme Douala, la plupart des Francs-Maçons ont entre eux des liens de parenté à divers niveaux (cousins, gendres, beaux-frères et même frères) ;

  • Sélection au travers d’intérêts affairistes (Directeurs Généraux de sociétés multinationales et nationales, cadres supérieurs de sociétés). Certaine Obédience procède même à des recrutements purement élitistes, en puisant dans le vivier des cercles de décision et de pouvoir ou, en débauchant ces profils dans les Loges existantes.

Toutes choses qui, il faut en convenir, ne sont pas de nature à permettre

  • la Franc-Maçonnerie de s’exprimer dans la société. En un demi-siècle d’existence, la Franc-Maçonnerie du Cameroun n’est pas sortie des deux villes de départ, que sont Douala et Yaoundé. Comment expliquer que des villes de

la taille de Bafoussam, Garoua, Bamenda, Buéa, Limbé ou Maroua, pour ne citer que celles-là, ne comptent aucune Loge Maçonnique ? Pire, elle ne s’est jamais intéressé à l’existence éventuelle de Maçons Camerounais de culture anglophone, qui sont pourtant en quantité appréciable, mais sont obligés de se mettre en sommeil une fois revenus au pays après leurs études en Allemagne, en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis d’Amérique.

Une autre cause, et nous les Francs-Maçons du Cameroun, nous nous devons de le comprendre, est que nous commettons depuis les indépendances une erreur stratégique, en nous imaginant que notre rôle est terminé quand

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nous avons philosophé en Loge. Nous nous refusons à accepter que l’avenir de la Franc-Maçonnerie d’Afrique et du Cameroun tout entier, sera à la fois ce que nous aurions voulu qu’il fût, et ce que nous aurions mérité qu’il fût… C’est cette lâcheté qui nous a toujours mus, que de laisser à d’autres le soin de réaliser nos rêves et nos conceptions, que de laisser s’immiscer dans nos Ateliers, des préjugés de domination et de vassalisation, qui biaisent la nature des rapports entre nous et conduisent à une question fondamentale : « sommes-nous entre Frères ou, entre Frères et sujets ? »

Par ailleurs, la Franc-Maçonnerie au Cameroun est faite de prévaricateurs, qui veulent l’enchaîner en lui reniant ses principes doctrinaux de liberté, de justice et d’équité. Ceux-ci, par calcul, veulerie ou ignorance, ont oublié sa raison d’être, sa catholicité, c’est-à-dire, son universalité. Ils l’ont fait descendre dans l’arène des partis, du pouvoir et de la politique, lui faisant manquer à sa mission salvatrice dans la sphère de l’Autorité et de la Sagesse. En la ravalant au rôle de courtisane dans la chapelle clandestine de leurs intérêts privés, ils l’ont occupée à construire des façades derrière lesquelles il ne se passe rien, des façades destinées à dissimuler aux yeux des ignorants, leur condition profane d’adeptes. Ils ont oublié que les puissants d’un jour, géants aux pieds d’argile, lorsqu’ils s’écrouleraient, l’écraseraient elle et ses outils, dévoyés à une besogne servile, rémunérée et utilitaire.

Il convient donc de remarquer que la Franc-Maçonnerie au Cameroun est responsable elle-même des échecs et des attaques auxquelles elle est en butte. Son passé comporte de multiples erreurs, que le présent semble consolider : elle paye ses fautes accumulées. Mais couchée sous la pierre du sépulcre, elle doit renaître plus grande et plus forte, en revenant à sa tradition originelle et véritable, en forçant le respect de ses pires adversaires. Ceci est une œuvre de refondation, au cours de laquelle elle doit descendre dans l’arène et se faire gladiateur de sa propre cause par les gestes précis de la lutte, afin d’arborer les attitudes élégantes de la victoire.

3_ De la Refondation d’une Franc-Maçonnerie Camerounaise

L’une des plus hautes vérités de la Maçonnerie est que le Maçon est un « Homme Libre et de Bonnes Mœurs ». La liberté est une puissance, et les mœurs en sont une attitude, un réflexe. Le Maçon du Cameroun doit conquérir sa liberté par l’ascèse, en poliçant ses instincts, en canalisant ses passions, en jugulant l’erreur en vue de réaliser le bien dans la vertu. La liberté étant aussi la réglementation de l’incidence de ses instincts et de ses besoins, il doit s’efforcer de ne pas être cet individu devant lequel s’incline tout le monde, cet arriviste sans scrupule, sûr de lui et de son prestige, cet esclave qui se plie au souffle de l’appétition matérielle, de ses désirs, sans autre règle de vie que le succès. Les mœurs du Maçon du Cameroun doivent rendre la vie belle, noble et humaine, car dans leur essence radicale, elles sont le rayonnement de l’esprit, de l’intelligence et de l’âme. Les Maçons du Cameroun doivent être des Maîtres dans l’Art Royal, car la liberté ne se donne pas aux sujets, leurs attitudes, dissonantes dans leurs égos, pouvant la transformer en ténèbres,

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assombrissant ainsi une pureté qui devrait se révéler au sein de l’harmonie consécutive à la sérénité des rapports humains.

La liberté doit consister pour le Maçon du Cameroun, à briser la chrysalide intellectuelle des préjugés et des erreurs dont l’inconscient collectif est en général prisonnier, et qui entrave son essor vers l’étoile de la vérité. Ceci commence par une liberté négative, générée par une purification qui résorbe les entraves spirituelles et passionnelles propres aux esclaves, pour s’achever par une liberté positive, qui est celle de sa réalisation. En fait, le Maçon du Cameroun doit accepter de mourir, en assimilant de manière judicieuse, l’utilisation rationnelle de l’enseignement maçonnique traditionnel. Il doit accepter le supplice de la Croix, qui présente deux visages, le premier (le supplice sans concession de l’ego du Feu prométhéen ) étant la porte qui mène au deuxième (la résurrection dans la conscience de l’Unité). Cette mort provoque un choc, qui consiste à défaire le vieil homme en lui de son manteau « humanimal » et à le doter d’une armure mystico-symbolique, car un homme libre sans armes, est un homme libre mort. C’est cette cuirasse de liberté qui le rend invulnérable de courage face à sa souffrance, et lui donne la volonté de tailler dans le vif des branches inutiles et des bourgeons bâtards et purulents, afin que la douleur et la paresse ne l’emportent point sur l’effort et l’ardeur.

« Corruptio optimi pessima », la corruption du meilleur est la pire de toutes. Le Maçon du Cameroun doit en faire sa maxime de vie, le « back bone » de son existence, en déracinant en lui l’égoïsme et tous les vices dont il est le support, en cultivant et en élargissant sans cesse l’amour et les vertus capables de fleurir sur cet Acacia sacré qu’il représente. À cet effet, il devra être un homme de cœur, un homme au grand cœur, tendant la main de l’amitié au faible, prodiguant son amour à celui frappé par l’injustice ou l’infortune, relevant le blessé sur le champ de bataille de la vie, soutenant celui qui est sur le point de tomber. Il ne sera capable de tout ceci qu’en se mettant à l’école de la science maçonnique, qui est l’esprit formateur des sciences, la Gnose, au sens propre du terme. C’est cette science qui lui permettra de faire de son entendement, de son intelligence et de sa raison, un outil de précision qui l’aidera à atteindre la grande cause, à pénétrer le secret du Grand Œuvre.

Le Maçon du Cameroun doit ainsi apprendre les arcanes de la science maçonnique, qui consistent à :

  • écouter, observer, comparer et filtrer, dans le silence et la méditation, ce qui lui permettra de repousser les idées toutes faites, les notions sans support, les opinions faciles répétées par les détenteurs de nos tribunes politiques, pour tromper le peuple. Il pourra ainsi éviter la précipitation dans le jugement et, sur le jugement sain, apprendre à raisonner ;

  • passer du connu phénoménal à l’inconnu causal soit par l’analogie, clef maîtresse de la Gnose ou science ésotérique, soit encore par l’induction ou la déduction, et acquérir ainsi des certitudes, dont le primaire est exclu.

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L’ascèse, au travers de la véritable science maçonnique, permettra au Maçon du Cameroun, d’asseoir une vision directe des hommes et des choses, contrairement à la science exotérique qu’il a toujours entretenu, de discriminer l’apparence de la réalité, saisissant ainsi l’opportunité d’établir le juste rapport existentiel entre les deux, lequel rapport à mon humble avis est une lumière, la Lumière. Cette Lumière est une puissance dynamique et statique à la fois, dynamique par l’unité qu’elle lui permet d’infuser dans la société, statique par sa résistance à la dispersion. Elle fait du Maçon le sceau de la société, et le rend immortel.

C’est dans cette optique que des Maçons du Cameroun et de la diaspora nord américaine, avec l’assistance de certaines notabilités de l’Ordre qui ont bien voulu leur apporter leurs Lumières, ont adressé aux Présidents Paul BIYA et Nicolas SARKOZY, des correspondances dans lesquelles ils leur présentaient leurs préoccupations mais surtout, leurs espoirs en des lendemains meilleurs. Copies de ces planches seront publiées dans un avenir très proche, pour rappeler aux Frères du Cameroun que de même qu’un manœuvre ne devient pas un ouvrier compétent par sa seule présence sur un chantier, de même il ne suffit pas d’avoir été reçu Apprenti, Compagnon ou Maître, pour être un vrai Maçon.

Si les Maçons du Cameroun veulent illuminer les masses en leur faisant comprendre la justice et l’équité, en les confirmant dans la liberté par la vraie fraternité, ils doivent se faire Apôtres de la Queste du vrai Graal. Ils doivent être des hommes d’action revêtus d’une mission sacrée, pour laquelle ils sont prêts à tout sacrifier : leurs commodités personnelles, leur temps et leur vie s’il le faut. Ils doivent faire leurs, les trois vertus théologales que sont la foi, l’espérance et la charité maçonniques. L’apostolat maçonnique ici ne consiste pas ici à multiplier les actions d’éclat, et encore moins à échafauder des plans constitutionnels transcendants et inédits. Il consiste à agir avec l’opiniâtreté de la goutte d’eau dont la chute répétée perfore le granit le plus dur, par les paroles souvent, les écrits quelque fois, mais l’exemple toujours. Ainsi, ils implanteront dans les âmes la notion du vrai, du beau et du bien, dissolvant le brouillard des mortels préjugés, de l’ignorance et de l’erreur, que ce soit parmi les élites, que dans la masse.

Les Maçons du Cameroun, doivent prendre l’engagement sacré de ne plus regarder en arrière, de s’affermir dans une volonté irréductible de poursuivre leur ascèse personnelle pour pouvoir œuvrer, en un jour prochain, dans l’arène des luttes collectives d’où émergera un Cameroun meilleur, régénéré, conscient de ses devoirs et de ses droits, en possession de la vraie Paix par la Glorification du Travail, dans une Patrie sublimée. Nous avons fauté, ne soyons pas lâches, mais ne jetons pas nos outils dans le chantier déserté. Ne renonçons pas à notre tâche, n’abandonnons pas au néant les ébauches mal venues, mais transportons ailleurs les matériaux pour recommencer inlassablement, le travail défectueux. La Maçonnerie n’est pas une entreprise de démolition, et c’est pourquoi nous devons faire revivre, dans sa pureté idéale, la doctrine véritable de la Maçonnerie initiatique, en acceptant q’elle imprime sur nos fronts, le Sceau des citoyens de Lumière.

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Sceau sacramentel, baptême purificateur nous permettant de nous dominer nous –même et de dominer les éléments primordiaux.

Vive la Lumière !

Que la Beauté nous guide !

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LETTRE AU PRESIDENT OBAMA

Publié le par MAXWELL BITYEKI EMMANUEL

Chapeau:

Cet article est une correspondance qui a été adressé au Président Barack H. OBAMA, quelques semaines avant le Sommet du G20 en 2009. Certains de ses passages ont été repris dans son discours à ce sommet.

Washington DC le 25 Mars 2009

Mr President,

Au moment où nous sommes en train de vous écrire cette lettre, des centaines voire des dizaines de milliers d'Africains meurent. Certains indiquent que l'Afrique est maudite, d’autres prétendent que l'homme africain n'a aucun droit au bonheur ou à une vie honorable. Certains autres vont même plus loin en pillant simplement le continent de ses ressources.

Les dirigeants Occidentaux, les dirigeants Africains, les banques européennes et quelques paradis fiscaux, des marchands de la mort sont ceux qui décident des guerres organisées depuis des capitales occidentales. Ces puissances étrangères sont les maux qui détruisent l'Afrique et les Africains.

Mr. President,

Nous ne sommes pas ici aujourd'hui pour quémander de la nourriture ou de l'eau potable, nous avons fait cela depuis des décennies mais rien ne semble être fait pour nous aider face à notre situation. Aujourd'hui nous sommes ici pour réclamer que ce dont nous avons été dépossédés par les occidentaux nous soit restitué pour le bien de l’Afrique et des Africains. C’est cela la justice, l’égalité et la liberté pour tous.

L’argent que nos dirigeants ont volé et gardé avec l’aide de certaines puissances occidentales dans des banques européennes, américaines, canadiennes, et un peu partout à travers le monde, devrait être récupéré et redistribué à nos peuples, parce que c'est de notre sang et de notre sueur qu’il s’agit.

Comment les Européens peuvent-il parler de la démocratie en supportant des tyrans, des dictateurs en Afrique? Comment peut-on expliquer que des centaines de milliards de dollars sont volés sur le sol Africain pour aller renflouer des comptes de ces dictateurs dans des banques en Europe, en Amérique, au Canada, en Asie ?

Le secret bancaire devrait être levé au sujet des dirigeants africains et de leurs familles. Ces fonds devraient être gelés et rapatriés en Afrique pour le bien être de ce continent pourtant riche mais victime de ses dirigeants et de leurs complices en occident. C'est une grosse erreur que d’emprunter de l'argent aux dirigeants Africains, qui l'utilisent pour des buts personnels et rien de plus.

Monsieur le Président, la conférence de Brazza au cours de laquelle l’Afrique fut partagée tel un gâteau fait partie de l’histoire. L’avenir de tout un continent ne devrait pas se décider aujourd’hui dans un bureau en occident par des bandes de pillards, de mercenaires, ou des fils de colons nostalgiques.

L'Amérique ne peut pas écrire un nouveau chapitre de son histoire sans regarder autour d'elle, le monde ne bougera pas en laissant l’Afrique dans son immobilisme. L’Amérique ne pourra pas surmonter ce nouveau défi sans penser à l'Afrique car nos destins sont liés.

Monsieur le Président,

Cette nouvelle ère marquera le nouveau début de la fin d’une misère longtemps programmée en Afrique. Nous voulons rêver de voir un jour de nos yeux une Afrique où les Africains auraient leur destin en main. Nous refusons de voir une Afrique où nos enfants continueraient de mourir à cause de plans et de conventions léonines d’un autre temps, signés par des dirigeants sans légitimité. Cela est contre l’Humanité et cela est contre Dieu qui a donné aux Africains ces richesses dont ils ne profitent pas.

Monsieur le Président,

Votre élection a suscité un grand espoir que nous voulons aussi voir manifester chez nous, sur notre continent. Il ne s’agit pas que vous fassiez à notre place ce qui est de notre responsabilité, mais que vous nous aidiez à prendre notre destin en main. Pour cela, il faudrait que les marchés de dupe passés entre nos leaders et dirigeants non démocratiquement élus et les grandes puissances, n’aient plus cours.

Pour cela, il faudrait que les Africains quittent les chaînes invisibles qui les lient au passé. Il faudrait que les millions de jeunes Africains, ingénieurs et techniciens; administrateurs et comptables; enseignants ou juristes; ouvriers spécialisés; pilotes ou employés de banque ; agents de maîtrise etc. trouvent par leur travail de quoi nourrir leurs familles et puissent se construire un avenir. Il incombe aux Grandes Nations de ce monde de revoir la règle du jeu de l’économie mondiale qui profite toujours aux puissants.

Le jeu à somme nulle auquel nous participons bien malgré nous ne nous arrange plus aujourd’hui, ni demain. Il n’arrange d’ailleurs plus personne car l’Histoire nous montre que les exploiteurs sont rattrapés par leurs fautes. Tôt ou tard les mauvais équilibres seront piétinés et, les victimes et les exploités monteront chez l’ancien maître du jeu pour réclamer leur dû.

Le monde entier a applaudi à l’arrivée d’une nouvelle ère, d’une nouvelle espérance pour notre destin commun, qui prendra un sens nouveau guidé par la responsabilité. Les conséquences de la mauvaise gestion paraissent à travers ce que nos anciens laissent aux générations futures : une Terre malade des excès et des mauvais choix, une Terre malade des égoïsmes et des logiques de profits.

Et si l’avenir du monde était en Afrique ?

L’Afrique est pleine de ressources,

L’Afrique est pleine d’intelligences et de talents,

L’Afrique est pleine d’idées pour elle et pour l’Humanité.

Tout cela ne demande qu’à être mis en mouvement pour le bien être de son peuple et pour la bonne conscience du Monde entier.

Pour certains elle n’est bonne que comme un réservoir où l’on viendrait puiser ce dont ils auraient besoin avec en référence le concept effroyable d’immigration choisie. La réalité de l’Afrique est méconnue par ceux qui ne foulent pas du pied sa terre. Malgré, l’ignorance et les préjugés, nous n’acceptons pas la Fatalité qui voudrait que l’Afrique ne s’en sorte jamais et que les Africains soient à jamais voués à la malédiction.

La question du rapatriement des fonds des dirigeants et autres exploiteurs de l’Afrique est une question de principe. Chacun devra désormais savoir que les temps ont changé. Aucun détourneur de fonds publics, aucun exploiteur de l’Afrique ne sera plus jamais à l’abri de poursuites et ce qui est à l’Afrique devra revenir à l’Afrique. Ce message doit marquer à jamais les esprits pour être un tant soi peu dissuasif.

Nous entendons un lourd et coupable silence venant d’Afrique et des Africains et de leurs dirigeants dans le débat en cours concernant la levée du secret bancaire sur les comptes de dépôt dans les paradis fiscaux. Pourquoi ce silence ? Comment l’interpréter? Doit-on s’en contenter ou dans la perspective du G 20 qui aura lieu dans quelques semaines prendre des initiatives pour faire entendre la voix de l’Afrique pour un changement, une évolution? Ce silence veut-il dire que, les dirigeants de nos pays où la corruption et les détournements des fonds publics sont monnaie courante n’ont aucun intérêt à ce que l’on y voit plus clair dans le système actuel, ce silence veut-il dire que l’on puisse se satisfaire du statu quo?

Les sommes en cause sont importantes (de l’ordre d’US $ 200 Milliards pour la seule Afrique subsaharienne). Au regard des budgets des états africains cela est énorme, même si par définition les montants en cause sont difficilement quantifiables.

Aujourd’hui et sur le principe, quelles que soient les sommes à retourner vers l’Afrique, nous croyons malheureusement qu’elles ne viendraient que remplir le tonneau de Danaïdes sans être utiles ni à l’amélioration du BIB (Bonheur Intérieur Brut) des africains, ni à celle des infrastructures de ces pays, des systèmes de Santé et de l’Education de nos pays.

En effet, les entraves et les limites réelles qui suivent militent contre les progrès espérés. Il s’agit notamment de:

  • La Corruption généralisée.

  • L’Absence de contrôle des élus du peuple,
  • La déliquescence des systèmes budgétaires,

  • Le système financier international opaque.

S’il est vrai selon le droit international qu’il incombe à nos Etats et à nos dirigeants d’engager pour nos pays une demande de levée du secret bancaire, en vue du retour des fonds détournés, il appartient cependant aux peuples d’Afrique, aux citoyens sensibles à la chose publique (Res publica) d’influer sur le cours de leurs destins et de participer à la définition du principe de justice propice à l’amélioration de leur vie. Certaines Organisations Non Gouvernementales se sont engagées sur ce terrain depuis peu sans succès cependant.

C’est donc au niveau des principes et de la prise de conscience que nous voulons pour notre part nous placer pour établir par rapport à la question discutée des axes de changement.

Aussi dans le débat actuel préconisons-nous :

  • Le principe de l’imprescriptibilité des crimes que constituent les détournements de fonds publics,

  • L’obligation de justifier les fonds disponibles dans les comptes off shore ou dans les paradis fiscaux.

  • Le principe du retour aux caisses des Etats des dépôts pour les lesquels des justificatifs valables n’auraient pas été produits.

  • Un changement du système financier international opaque qui ne

nous est pas favorable et ne participe pas de notre développement en définitive.

Aujourd’hui, force est de constater et à titre d’exemple que les dictateurs et les détourneurs se succèdent, mais leurs forfaits restent impunis. Les fonds détenus dans le système bancaire international, dans les paradis fiscaux reviennent difficilement, voire jamais aux vrais ayants droits, c’est-à-dire aux peuples d’Afrique.

Devra t-on se battre des décennies durant comme les juifs d’Europe après la fin de la Shoah pour obtenir enfin gain de cause ? Notre lutte est plus ardue, parce que nous luttons contre des forces et des intelligences extérieures organisées, un système coalisé, mais surtout contre nos frères, nos dirigeants et contre nous même…

Nous ne sortirons pas facilement vainqueurs de cette lutte contre l’injustice, l’iniquité cela nous le savons. Mais nous voulons dès maintenant construire pour demain en posant les jalons qui nous permettrons de sortir du cercle vicieux que sont les détournements de l’existant, et l’endettement vers l’extérieur pour combler les déséquilibres budgétaires…

En quoi l’Afrique est-elle victime des paradis fiscaux et du système économique international?

Il est démontré que pour chaque US$ d’aide publique versé à l’Afrique, cinq sortent pour rejoindre des comptes à l’étranger. Une étude rétrospective allant des indépendances à nos jours montrait que la fuite de capitaux d’Afrique représenterait aujourd’hui plusieurs fois le montant de la dette actuelle du continent…

Les paradis fiscaux et le secret bancaire favorisent les fuites et l’évaporation des fonds publics. Les paradis fiscaux disposent d’un arsenal juridique efficace, puissant et peu favorable au retour des fonds aux pays lésés même en cas de disparition des détourneurs (cf. cas de Mobutu et autre Duvalier). Ce système

inique et insultant au regard du droit et de la justice peut-il se perpétuer ad vitam aeternam ?

Au final, une question s’impose: la dette africaine est-elle légitime ? Les Etats africains doivent-ils continuer de payer le service de la dette et la dette elle-même? L’Afrique est riche par son sous-sol, par ses ressources et pourtant, on s’apitoie sur son sort. Elle s’endette toujours plus envers un système financier international impitoyable, pour en être en définitive débitrice et victime des « fonds vautours » dont l’éthique et la moralité sont loin de celles attendues des acteurs habituels du système international.

Les termes de l’échange, le fonctionnement de l’OMC et autres institutions de Breton Wood ne lui sont pas favorables. L’exemple du marché du coton est là pour nous montrer que les efforts des Africains ne sont pas toujours récompensés dans un système où les plus forts peuvent en changer les règles à leur gré. Nous sommes, il faut bien le constater dans un système à sommes nulle, où le bien être des uns dépend de la dépendance et la pauvreté des autres, des plus faibles…

Faut-il alors crier cette vérité au monde afin que tous la voie? Si tel est le cas, nous le crions encore et encore.

Les Etats-Unis changent aujourd’hui avec l’arrivée d’un Président providentiel. Nous profitons de cette nouvelle ère qui nous est donnée pour essayer de remettre à plat la situation qui nous est faite pour dire notre colère, dire que nous ne sommes plus dupes de ce système qui fait de nous des victimes consentantes.

Nul ne sait quand une nouvelle opportunité nous sera donnée pour construire un monde nouveau, une Humanité plus juste et plus heureuse où chaque Homme pourra dire que « tout ce qui concerne l’Homme me concerne ». Il est encore temps de pardonner pour reconstruire un monde et une humanité où chaque Homme quel que soit son pays, sa couleur de peau et sa religion pourra être certain d’appartenir à l’Humanité.

Veuillez agréer Monsieur le Président nos sentiments les plus

distingués dans ces moments difficiles.

Nous, Frères Africains avons dit.

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LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT PAUL BIYA

Publié le par MAXWELL BITYEKI EMMANUEL

À l'ordre Très Cher Frère Président!

Nous Vous disons une et une fois à l'ordre!

Épée sur la main, Maillet sur la poitrine, Tablier bien dressé sur le plexus solaire, pas cadencé!

Nous Vous saluons avec tout le respect digne d'un grand dignitaire, Beauté, Révérence Chevaleresque, Ordre, Sagesse, Opulence, Rectitude, Loyauté, Sincérité!

Nous Vous disons à l'ordre!

Excellence Monsieur le Président de la République,

Très Cher Frère,

Nous, Francs-Maçons de la diaspora nord américaine, avons décidé de vous adresser cette planche afin de vous faire part de notre profonde préoccupation sur les problèmes de l’heure au Cameroun..

Excellence Monsieur le Président,

Manifestement vous voulez remettre le Cameroun sur pied et l’engager dans la voie du futur. Cela est louable et plaît à une grande majorité d’entres nous. Puisque vous avez été élu à la Magistrature Suprême pour ce travail, permettez-nous de vous en féliciter et de vous souhaiter bonne chance, car il vous en faudra pour combattre nos vieux démons, nos vieilles habitudes dans un monde en plein changement.

Nous faisons partie de cette élite de Francs-Maçons qui pensent que notre pays mérite beaucoup mieux que ce qu’il a connu depuis plus de 40 ans. Il nous semble utile de vous dire qu’il faudrait préparer au

mieux notre pays pour le futur proche qui pourrait être assez chahuté et chaotique avec à la fois, la fin programmée des énergies fossiles, les problèmes d’environnement, de pauvreté et d’inégalité sociale, qui se poseront avec acuité.

Le bilan au moment où nous, Francs-Maçons Camerounais de la diaspora et surtout des États-Unis d’Amérique du Nord, vous écrivons cette lettre, est alarmant. Jamais, jamais le Cameroun notre pays n’a été aussi noirci sur l’échiquier international, jamais les Camerounais n’ont été aussi vilipendés un peu partout dans le monde, à cause de la corruption, du favoritisme, des détournements de deniers publics, de la pauvreté, du chômage, du mismanagement des affaires publiques, etc. Ce bilan se traduit tant par l’effacement du Cameroun sur la scène continentale que mondiale, que par la baisse de son influence dans ces mêmes sphères.

Excellence Monsieur le Président,

Face à toutes les solutions que vous et votre gouvernement proposez, que nous ne jugeons pas toutes autant mauvaises, bien au contraire, nous entendons vous encourager car ce sont des actions républicaines et libres. Mais il est certains que plusieurs de vos plus proches collaborateurs n’écoutent pas le message du Cameroun profond, à votre opposé et, vous donnent une image biaisée des réalités nationales. Les évènements de ces jours derniers en sont les plus probants témoins.

Écoutez Monsieur le Président, le langage des Camerounais, leurs cris, leurs douleurs, leurs souffrances, mais surtout, essuyez les larmes de cette jeunesse Camerounaise qui, comme toutes les jeunesses de pays nobles, a droit au rêve, à la saine émulation, à l’espoir, à la vision d’un futur désiré et réalisable.

Écoutez Monsieur le Président cette jeunesse qui ne dit mot mais qui est face à l’épreuve des faits, cette jeunesse en perte de repères, et à qui l’on brandit des chimères comme valeurs.

Nous le déclarons solennellement ici, il n’ya aucune volonté de discrimination contre votre gouvernement, nous le respectons comme nous le faisons pour celui des États-Unis d’Amérique, notre nation d’accueil et d’adoption. Nous connaissons leur histoire, et celle des valeureux frères qui ont bâti les fondements de cette valeureuse nation.

Monsieur le Président,

Comprenons parfaitement les paroles du Président Abraham Lincoln lorsqu’il disait parlant de sa propre patrie : « Cette nation est à demi libre et à demi esclave ». Ces mêmes paroles, cette même pensée nous pouvons l’appliquer à notre pays, notre continent, apparemment libres mais esclaves de la réalité moderne. Un peu plus tard le président Lincoln écrivît ceci en 1862 : «En donnant la liberté à l’esclave nous avions garantis la liberté de l’homme libre, tout aussi honorables dans ce que nous donnons que dans ce que nous préservons». Soyez honorable et fier dans ce que vous donnez, cela vous garantira une sortie honorable le moment venu, et c’est l’image que l’Histoire du pays et du monde retiendra de vous.

Monsieur le Président,

Vous semblez découvrir ce que nous n’avons cessé de dénoncer : après des années de progrès constants, de hausse du niveau de formation des jeunes, le système éducatif peine encore à remédier à l’échec scolaire de milliers de jeunes en difficulté. Mais cette crise est d’autant plus urgente à traiter qu’elle s’inscrit dans une société qui voit grandir les inégalités sociales dans tous les domaines, allant de la Sécurité Sociale à la Santé, en passant par l’Agriculture et les domaines de la Recherche et de la Protection de notre environnement. S’il y a des difficultés dans l’École, elles renvoient aussi, tout le monde le sait, à des difficultés vécues au quotidien hors de l’école par des milliers d’enfants et de jeunes. Non, tous les enfants n’ont pas les mêmes chances au départ, tous les jeunes n’ont pas les conditions de vie, de santé, d’équilibre qui leur permettent, sans accompagnement, d’accéder aux apprentissages, de se projeter dans l’avenir. Aider efficace ment les jeunes les plus en difficulté, former les enseignants pour cela, combattre les inégalités sociales et le danger que représenterait une jeunesse sans ambition, ouvrir un avenir positif pour tous les jeunes, rien de plus difficile, rien de plus compliqué sans doute, mais rien de plus indispensable pour les jeunes, pour nous, pour l’avenir du pays. C’est pourquoi l’État doit réussir à se transformer, c‘est pourquoi cette jeunesse a droit à un futur comme dit plus haut, c‘est pourquoi les Camerounais veulent encore penser et rêver que l‘avenir sera radieux.

C’est ce défi là que doit relever votre gouvernement, parce qu’il est le seul à pouvoir le faire, pour tous, et pas seulement pour les plus favorisés ou les « méritants ».C’est une question d’avenir, c’est un enjeu de démocratie. Le choc de la mondialisation qui constitue un processus inéluctable et irréversible sonne à nos portes.

À cet effet Monsieur le Président de la République,

Nous savons que vous aurez à cœur, en votre qualité de garant des institutions, de veiller au respect de leur équilibre et de préserver la spécificité de notre Assemblée Nationale afin qu'elle puisse continuer à remplir sa mission, avec la même efficacité, et déployer son savoir-faire de législateur en apportant un éclairage différent aux textes soumis à son examen. En outre, l’Assemblée Nationale se doit d’éclairer l'avenir des Camerounaises et des Camerounais : elle doit devenir un laboratoire d'idées en vue de l'action politique et des grands défis de demain. À ces réformes vitales pour l'avenir de notre pays, l’Assemblée Nationale saura apporter sa contribution éclairée face à ce tournant décisif de notre pays. À ce sujet, gardons nous de la démagogie et des idées à la mode. Cessons de vouloir toujours tout remettre à plat et contentons nous de remettre les choses debout. Un Frère qui vous connaît bien a déclaré que vous aviez beaucoup de disposition au Bonheur, à la Famille, à votre Pays et à la Jeunesse. Nous en sommes convaincus et n’en doutons pas, de ce que vous laissez paraître.

La Loi fondamentale de notre pays, la Constitution, vient d’être modifiée par l’Assemblée Nationale, garantissant ainsi une continuité de la vie de la Nation. Il conviendrait de même, de donner un contenu opérationnel aux autres instances nationales qui sont en léthargie depuis leur création (Sénat, Cour des Comptes, etc.). L’ont- elles été pour la galerie ou pour le bien de la République? Ou encore pour satisfaire à des exigences exogènes de gouvernance? Ce sont autant d’éléments à même de vous fournir des bases de décision et de lecture franche de la situation du Cameroun, des instruments de méta stratégie pour une vision ontologique des problèmes de la nation. Ces institutions constituent des forums au sein desquels l’avenir de la Nation se joue et se prépare, une forme d’Athanor au sein duquel les idées se brassent et se mélangent.

Excellence Monsieur le Président,

Les Maçons de la diaspora Nord Américaine ainsi que de nombreux Frères du Cameroun, savent pouvoir compter sur vous, pour que vous laissiez aux générations du futur, l’image d’un homme de principes, de travail, de légalité, sachant appliquer les préceptes maçonniques dans la gestion des affaires de la Cité. L’homme camerounais est pacifique et travailleur, doté d’intelligence et de potentiel, dans un des environnements les plus riches d’Afrique. Mais pourquoi passe-t-il le plus clair de son temps à pleurer et à crier famine? Comment peut-on, comme on le dit si bien dans nos traditions, être assis au bord de la source et mourir de soif?

Excellence et Très Cher Frère

Cette planche qui vous est adressée ce jour, est la première d’une série à venir dans laquelle chaque thème de la vie de la Cité, sera évoqué de manière spécifique, car à ce moment – là, nous mettrons à contribution les Frères de la Diaspora Maçonnique, que ceux vivant au Cameroun, spécialisés dans des domaines précis (Santé, Éducation, Environnement, Finances Publiques, Patronats, Industries, etc.). Ces travaux - là, au contraire de ceux-ci, pourront faire l’objet de publications dans des médias locaux et internationaux.

Nos travaux se situent aujourd'hui au - delà des limites de la loge, c'est une Maçonnerie active et non passive qui se met au travail face aux défis de la mondialisation, des problèmes de la Cité et du pays. Nous entendons participer ouvertement désormais, dans tous les débats de la vie publique du Cameroun, car nous estimons être restés en marge dans un pays qui est le nôtre, que nous aimons et chérissons, et pour lequel nous avons fait vœux d’obéissance et de soumission aux Lois et aux Dirigeants.

Nous voulons continuer dans le monde profane, les travaux commencés dans nos Temples, virtuels ou réels, que nous considérons comme des Athanors, formes de chaudrons dans lesquels nos idées prennent corps, mûrissent, et devraient en toute légitimité, éclore dans le monde profane. Cessons de nous voiler les yeux face aux tendances de l’heure, cessons de porter des masques face aux souffrances humaines, cessons de nous comporter comme des Profanes en Tabliers, apprenons à vivre en Maçons dignes de leurs Serments et de leurs engagements vis-à-vis de la Veuve et de l’Orphelin, donnons un contenu opérationnel à notre Vie Maçonnique.

Oui, Excellence,

Apprenons à assumer notre statut de Franc – Maçons, quelles que soient nos Obédiences, apprenons à utiliser de manière efficiente les Outils mis à notre disposition, apprenons à dégrossir, à polir et à tracer des plans, à créer des volumes, sans que la carrière ne devienne un lieu de vacarme, apprenons à étudier les veines de la Pierre et à ajuster le Maillet et le Ciseau, pour que le Grand Œuvre nous survive, pour que nos Fils, Petits – Fils et Arrières Petits – Fils soient fiers de nous en regardant nos Tabliers élimés, nos Gants troués, nos mains écalées, et que le souvenir de notre passage en ce bas monde continue de survivre à travers la Chaîne d’Union Universelle.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Très Cher Frère,

Telles sont les Idées à vous soumises, et telles sont de même les Règles Maçonniques que nous nous devons tous d’observer et, telles devraient aussi être les Lois.

Ayez Excellence Monsieur le Président de la République, la conscience qu’un jour, une fois votre mission terminée à la tête de la Nation, une fois rentré dans notre belle et grande forêt du Sud, là-bas dans votre Mvomeka natal, vous aurez des belles histoires à raconter à vos enfants et petits – enfants. Ce sera le plus grand moment de votre existence, un repos bien mérité parmi les siens, comme dans nos traditions bantous.

Excellence et Très Cher Frère,

 
Que Le Très Haut continue de guider vos pas afin que vous puissiez accomplir Votre Haute Mission.

 
À l'ordre Très Cher Frère!

 
VIVE LA FRATERNITE!
QUE LA BEAUTE NOUS GUIDE!

 
VOS FRÈRES ONT DIT!

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LETTRE AU PRESIDENT SARKOZY

Publié le par Maxwell Bityeki Emmanuel

LETTRE AU PRESIDENT SARKOZY

Washington DC le 10 Août 2008

Excellence Monsieur le Président de la République,

Nous Vous saluons avec tout le respect dû à un grand dignitaire, par la Beauté, la Révérence Chevaleresque, la Sagesse, l’Opulence, la Rectitude, la Loyauté, la Sincérité!

En ces jours où la France vient de célébrer sa Fête Nationale, marquant la libération de votre pays de la monarchie, nous voudrions vous adresser à vous et, à tous vos compatriotes, nos voeux les meilleurs. Le brio avec lequel vous avez mené les négociations de mise en oeuvre de l’Union Pour la Méditerranée (UPM), drainant dans votre beau pays, tout ce que l’Europe et le Bassin Méditerranéen comptent d’hommes politiques influents, vous a permis une fois de plus d’affirmer votre statut de véritable pierre angulaire dans un monde en constante mutation.

En ce début de votre mandat semestriel à la tête de l’Union Européenne, quel bel exemple d’humilité et de bravoure, par lequel vous avez accepté de vous mettre au service du bien commun, en conciliant des contraires jusque-là, inconciliables. De leurs griefs pour certains séculaires, vous aurez réussi à faire naître l’étincelle de l’espoir, l’espoir de l’harmonie dans les différences, l’harmonie dans la conciliation des opposés, au sein de ce foudre qu’est la Méditerranée.

Il y a justement un an, en visite au Sénégal, vous avez prononcé à l’Université de Dakar, un discours qui est rentré dans les annales des relations entre la France et l’Afrique, un discours dans lequel vous proposiez aux jeunes Africains, la mise en place du système « gagnant-gagnant », en vue de l’édification d’un monde nouveau.

Vous leur donniez, aux jeunes Africains, de partager une nouvelle vision, un rêve, celui du co-développement au travers d’une « Eurafrique » qui constituerait le vecteur principal dont l’Afrique a besoin dans le cadre de sa modernisation. Ce vecteur s’accompagnerait d’un certain nombre de concepts qui vous sont chers, entre autres, l’immigration choisie -concertée.

Vous leur conseilliez, ce qui est tout à fait louable, de dépasser les mythes et autres considérations inertielles, pour se tourner résolument vers le futur, vers l’avenir, vers un « joint development » dont ils seraient les premiers acteurs et bénéficiaires. Choses tout à fait essentielles et appréciables de la part d’un dirigeant éclairé et visionnaire.

Excellence Monsieur le Président,

Nous, Francs-Maçons Africains du Continent et de la diaspora Africaine en Amérique du Nord prenons ce jour la plume, pour vous adresser cette planche modeste, en vertu du principe doctrinal maçonnique du « Maçon Libre dans une Loge Libre ».

En 1885, le Congrès de Berlin, consacrait le partage de l’Afrique. Aujourd’hui, c’est à une nouvelle ruée vers l’Afrique et ses ressources que l’on assiste. Ces ressources sont, au-delà des trésors du sol et sous-sol africains qui aiguisent les appétits insatiables des nations industrialisées, les cerveaux. En donnant aux jeunesses africaines la latitude de rêver, en leur présentant un véritable cours de management des histoires et des civilisations, vous – êtes vous seulement posé une question, simpliste à la limite :d’où viennent les Africains et, pour où vont-ils ?

Oui, Excellence,

Quelles sont les motivations réelles des Africains? Ces Africains à qui vous parlez de Renaissance, de mythe, de vision d’un futur partagé et accepté, avez-vous relu leur histoire? Pensez-vous qu’un simple discours, fût-il de la meilleure des proses, leur suffise ? Le fameux « win-win » que vous leur proposez, que masque-t-il au juste ? Il est dit en Afrique: « le pied que le serpent a mordu, a peur à la seule vue d’une ficelle ». Issu de la diaspora juive, vous comprenez mieux que quiconque, ce que cela veut dire. Pensez-vous que l’Afrique ait le droit de répéter les erreurs du passé?

Pendant des siècles, les armes ont contraint les corps, et l’église a contraint les esprits -l’esclavage et la colonisation. Pendant des décennies, les indépendances octroyées aux Africains étaient des coquilles vides de toute substance, parce que « les Africains ne pouvaient se diriger » - le néocolonialisme. À peine ont-ils commencé à intégrer toutes les nouvelles valeurs du monde moderne qui ont été superposées à leurs cultures, que vous leur offrez de manière quasi doctrinale, l’Eurafrique comme alternative à une mondialisation galopante, dont vous ne maîtrisez pas les arcanes, et qui voit l’éclosion irréversible de nations dites émergentes, véritables menaces pour vos industries et vos cultures.

L’histoire, c’est l’histoire, on ne peut la réécrire et, même si elle bégaie, elle ne se répète jamais. Nous aimerions vous poser un certain nombre de questions:

Que ferez-vous des « kleptocrates » installés et maintenus dans la plupart des palais présidentiels africains qui, au fil des ans, pillent pour enrichir vos systèmes financiers et faire tourner vos économies? Qui financent quasiment vos partis politiques et vos campagnes électorales?

Quid de cette « Françafrique » que vous avez jetée par la porte, et qui revient par la fenêtre, vous imposant de manière tantôt subtile, tantôt brutale, son échelle de valeurs, ses critères d’autoréférence et ses réalités?

Excellence Monsieur le Président,

Lorsqu’il est fait une étude analytique des « clandestins », ceux qui prennent le risque d’embarquer dans des radeaux de fortune pour l’aventure en Europe, vous remarquerez très souvent que leur niveau de scolarisation est de manière générale, relativement bas. Vous y trouverez très peu ou, pas du tout de jeunes Africains de niveau académique appréciable (Bac+X). Ceux qui prennent ce risque sont nos frères et soeurs pour qui l’Occident est encore un mirage, une forme de miroir aux alouettes. Bien plus, vous êtes-vous demandé, pourquoi au cours des dix dernières années, le nombre de demandes d’inscriptions ou de bourses dans les universités françaises, de jeunes Africains francophones au sud du Sahara a décru? Parce que votre modèle de développement et votre culture ne les font plus rêver. Ils préfèrent aller sous d’autres cieux (USA, Canada, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon, Inde, etc.) découvrir de nouvelles valeurs et modes culturels, malgré les coûts souvent prohibitifs, la barrière de la langue et, parfois, les distances.

Les jeunes Africains dotés de bagages conséquents, préfèrent se « débrouiller »au terroir, créer des micros entreprises, se faisant financer par des tontines familiales et au besoin, par des réseaux d’entraide. Ce qu’il leur faut, c’est un cadre institutionnel viable et normé, qui leur permette de réaliser leurs rêves, de faire éclore leur potentiel en participant au développement de leurs pays.

Il est grand temps que l’Afrique prenne en main son destin! L’Afrique n’est pas un continent pauvre: c’est un grand mensonge et une grande supercherie, qu’il faut que les Africains démasquent enfin.

Il est grand temps que les jeunes Africains apprennent à se regarder dans le miroir et à s’auto-évaluer sans complaisance.

Il est grand temps que les jeunes Africains de tous âges et de tous niveaux se prennent en charge, en vue de créer leur propre Renaissance et celle de leur continent, au lieu de se condamner à une mort certaine à la poursuite d’un avenir dont votre système a planifié et entretient le pillage.

Oui, Excellence, ceux-là qui embarquent sans espoir d’arrivée et, pis, de retour, vont à la quête dans votre pays, de leur bien-être dont vous les avez dépossédés depuis des générations, et que vous continuez de perpétrer sous leurs yeux. Il a été menti à leurs pères, et ils n’acceptent pas qu’il leur fût menti à eux aussi.

Le rôle difficile qui vous échoit ce jour est celui de jouer au pompier dans une Histoire où tous les autres ont joué aux pyromanes, ce qui somme toute, vous ennoblit. Mais, «l’on ne souffle pas sur la chaleur de la cuillère d’autrui », comme dit en pays Bantou. En d’autres termes, vous maintenez l’Afrique dans ce mythe que vous condamnez, en la reconstruisant ou en lui proposant de se reconstruire selon les besoins de votre cause, et non les besoins de sa cause à elle.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est d’un monde dans lequel ils se reconnaissent comme tels, c’est-à-dire comme partie prenante dans le discours des bâtisseurs du futur de l’Humanité, question de rompre avec l'avilissante rente de la repentance que les aînés ne cessent de réclamer au Blanc.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est de se sentir des «hommes modernes », des métis culturels -à votre instar- éduqués dans des pays modernes, pétris de cartésianisme mais aussi, porteurs d'une âme africaine en symbiose millénaire avec la nature: la tête dans le modernisme, les pieds dans la tradition.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est d’une offre de rupture dans les actes et les faits, c’est le désir d'une nouvelle décolonisation, le passage aux indépendances des années 1960 étant considéré comme un échec.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est de l’établissement d’un partenariat égalitaire avec l'ancienne puissance coloniale, afin de ne plus voir la présence française seulement par le biais de bases militaires ou de grandes multinationales commerciales au sein desquelles des agents de maîtrise expatriés, dirigent des cadres africains.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est que vous compreniez que le comportement de leurs leaders et des élites intellectuelles les attriste et ils se disent que, hier «colonisés parce que colonisables», ils n'en sont pas à l'abri, puisque vous ne leur parlez de l'Afrique, que comme d'un continent moribond ou immature.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est d’aller plus loin dans le soutien aux mouvements de la société civile, qui vont de la presse aux organisations de jeunes et de femmes, c’est de se sentir soutenus dans les efforts d'associations contre la corruption et pour la démocratie politique.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est d’écrire ensemble les pages réelles de l'histoire coloniale, d’écouter la parole de l'autre, d’amener les historiens du Nord et du Sud à trouver les moyens de travailler ensemble.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est de ne pas hésiter à sanctionner les atteintes aux droits de l'homme et, que ne triomphe pas en permanence « la politique du contrat » dictée par les marchés économiques.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est que vous évitiez de vous enfoncer dans le passé de leurs pères, reprenant à l'envi les thèmes et les méfaits de l'esclavage, de la colonisation. Ils ne pensent pas que vous devriez persister à leur tenir des discours sur le passé.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est que vous ne leur rappeliez plus que de toute éternité, ils ont été faibles et dominés. Ils en finissent par se demander, comme dit plus haut, s’ils n’ont pas été colonisés parce que colonisables.

Ce dont l’Afrique, les jeunes Africains ont besoin, c’est d’éprouver la sensation, noirs ou maghrébins, du taraud de cette angoisse qui les conduit à se demander si l'histoire du Noir, de l’Africain, se réduit à 400 ans d'oppression.

Ce que l’Afrique, les jeunes Africains veulent éprouver, c’est d’arrêter de ressentir ce passé comme une maladie honteuse dont ils ne veulent plus qu'on leur parle. Ils savent intuitivement, que les choses n'ont pas toujours été aussi simples.

Ce que l’Afrique, les jeunes Africains savent, et veulent vous faire savoir, c’est que « la délivrance des complexes de haine ne sera obtenue que si l'humanité sait renoncer au complexe du bouc émissaire »

Ce que l’Afrique, les jeunes Africains savent, et veulent vous faire savoir, c’est que l’absence de propositions concrètes de votre part, pour jeter les bases d’une nouvelle politique de la France en Afrique est également frappant.

Ce que l’Afrique, les jeunes Africains savent, et veulent vous faire savoir, c’est que vous ne devriez plus continuer de leur tenir de grands discours et d’énoncer de grands projets, à l’instar de l’Eurafrique, avatar subsaharien du projet chimérique d’Union méditerranéenne dont l’idée remonte aux années 1960.

Excellence Monsieur le Président,

Au congrès des Etats-Unis d'Amérique, trônent les portraits de Washington et De Lafayette. Lafayette fut le premier à s’exprimer devant les deux Chambres. Après la victoire de la flotte, qui précéda celle de l'Armée de Terre à Yorktown le 19 octobre 1781, contre les Anglais, à laquelle il participa activement, et qui mettra fin à la guerre et sera déterminante pour l'accession à l'Indépendance des Etats-Unis, il déclara:

"Humanity has won its battle. Liberty now has a country."

Le 17 juin 1782, Lafayette rentre en France en héros avec un peu de la terre Américaine de Bunker Hill que lui avait remis Georges Washington. Sa tombe en sera recouverte à sa mort, le 20 mai 1834.

Ce dont L'Afrique en particulier a besoin de manière quasi vitale, c'est d'une bataille de Liberté, c'est d'une guerre d’Egalité et alors, l'avenir pour un monde meilleur sera une victoire de Fraternité, à l’instar deLafayette.

Ce dont le monde a besoin aujourd’hui de manière générale, Monsieur le Président, ce n'est pas des origines françaises, américaines ou australiennes, ce n’est pas la possession de l’identité juive et encore moins, l’appartenance à une caste influente ou, d'être catholique pratiquant, orthodoxe ou protestant.

« Les cris de douleur des pauvres gens n'impliquent pas forcément qu'ils sont des justes, mais si on les ignore, jamais on ne saura ce qu'est vraiment la justice ».

Aussi longtemps que le Zoulou d'Afrique du Sud pourra esquisser les pas de danses guerrières en temps de paix,

Aussi longtemps que le griot de Yelekela encouragera les laboureurs en chantant les exploits de leurs aïeux,

Aussi longtemps que le Malinké cultivera la terre pour manger à la sueur de son front,

Aussi longtemps que le pygmée de Yokadouma préservera jalousement sa forêt natale,

Aussi longtemps que le Masaï gardera un oeil sur son troupeau afin que survive sa lignée,

L'Afrique restera toujours un continent riche et gardera espoir.

Tout ce que L'Afrique veut gagner Monsieur le Président c'est sa Liberté, est-ce trop vous demander que cette Liberté?

Excellence,

Puisse le Très Haut guider davantage vos pas à la tête de cette grande nation qu’est la France, Mère des Libertés, afin que vous puissiez accomplir votre mission de porteur de lumière.

VIVE LA FRATERNITE! QUE LA BEAUTE NOUS GUIDE!

NOUS AVONS DIT!

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